Le gouvernement congolais a adopté, le 7 octobre, un projet de décret visant à redéfinir les limites du permis pétrolier MARINE XXIV, opéré par Eni Congo, filiale du groupe italien Eni. Situé en mer au large des côtes, ce permis est concerné par un chevauchement avec une aire maritime protégée. « La modification du périmètre du parc national de Conkouati-Douli entérinée par un décret du 30 décembre 2023 a entraîné une superposition partielle entre l’aire maritime protégée du parc et la partie nord du permis MARINE XXIV », indique le compte rendu officiel du Conseil des ministres.
Attribué à la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) en février 2024, le permis couvre une superficie de 1 939,1 km² selon l’article 3 du décret initial. Son annexe cartographique mentionne toutefois 1 539,1 km², une divergence qui reste à clarifier. La SNPC et Eni Congo ont sollicité une redéfinition du périmètre afin de supprimer cette superposition et de concilier la conservation de la biodiversité avec les activités d’exploration pétrolière. Les travaux d’harmonisation ont permis d’établir de nouvelles coordonnées géographiques, que le projet de décret vise à approuver.
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À ce stade, ni les nouvelles coordonnées ni la superficie qui serait retranchée du périmètre initial n’ont été rendues publiques. L’ampleur exacte de la réduction envisagée ne peut donc pas encore être déterminée.
Trois permis concernés par des ajustements
Le permis MARINE XXIV n’est pas le seul actif pétrolier concerné par les décisions du Conseil des ministres du 7 octobre. Deux autres projets de décret portent sur le permis d’exploitation LIDONGO et le permis d’exploration MARINE XXIX-A, tous deux attribués à la SNPC. Ces deux périmètres contigus doivent faire l’objet d’un ajustement concerté de leur limite commune, à la suite d’un protocole d’accord conclu le 26 février 2026 entre Mercuria Energy et Oriental Energy. Selon le compte rendu, cette opération vise à améliorer le développement des ressources identifiées, optimiser leur taux de récupération, accélérer la mise en production des découvertes et renforcer la rentabilité du permis LIDONGO. Par ailleurs, le Conseil a également approuvé la prorogation exceptionnelle de dix ans de la durée de validité du permis d’exploitation LIDONGO, jusqu’au 25 septembre 2046, afin de favoriser la réalisation des investissements nécessaires.
La production pétrolière attendue en hausse en 2027
Ces ajustements interviennent alors que le Congo prévoit une progression de sa production pétrolière en 2027. Les hypothèses économiques présentées au Conseil des ministres tablent sur 112 millions de barils, contre 105 millions en 2026, soit une hausse d’environ 6,7 %. Le gouvernement a retenu un prix moyen du brut congolais de 71 dollars le baril en 2027 et un taux de change de 565 FCFA pour un dollar. La part de la production revenant à l’État au titre du partage de production est estimée à 28 %.
Le gaz naturel, autre moteur de croissance
Les autorités prévoient également une accélération des activités de valorisation du gaz naturel, dont la croissance devrait atteindre 6,8 % en 2027, contre 6,1 % en 2026. Eni joue un rôle central dans cette évolution à travers le projet Congo LNG, développé sur le permis MARINE XII, au large de la République du Congo. Le projet s’appuie notamment sur les champs gaziers offshore de Nené et de Litchendjili et sur des installations flottantes de liquéfaction. Le Congo a exporté sa première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) en février 2024 et veut consolider son statut de producteur et exportateur. Toutefois, les autorités présentent leurs prévisions pour 2027 comme prudentes, compte tenu des incertitudes entourant l’évolution des marchés internationaux des hydrocarbures.
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