Le 20 mai dernier, la Banque mondiale a inauguré un nouveau bureau de représentation en Afrique centrale. Situé à Brazzaville, capitale de la République du Congo, ce nouveau bureau incarne la volonté de l’institution de Bretton Woods de mieux assurer le suivi et la coordination des projets qu'elle finance dans le pays et dans la sous-région. « Le bâtiment qui vous accueille aujourd’hui représente un aboutissement majeur de la coopération entre le Groupe de la BM et la République du Congo. Sa construction a nécessité un peu plus de quatre années d'intenses travaux. Ce siège a la particularité qu’il accueillera une exposition permanente d’œuvres d’art dans le but de promouvoir la création artistique congolaise », a exprimé Cheick Fantamady Kanté, directeur de division de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Érigé sur une superficie de 1 413 m², le nouveau siège dispose de 47 salles réparties sur trois étages hors sol, avec un total de 23 places de parking sur site et à l’extérieur. Il correspond au second bureau de représentation installé en zone Cemac, après celui de Yaoundé, au Cameroun. La cérémonie inaugurale a été présidée par Ousmane Diagana et Ethiopis Tafara, respectivement vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, et vice-président de la Société financière internationale (IFC) pour l’Afrique, et aux côtés d’Anatole Collinet Makosso, Premier ministre, chef du Gouvernement.
En marge de cette cérémonie, les deux représentants de l’institution et le membre du gouvernement sont revenus sur les priorités stratégiques du pays, la situation du portefeuille de la Banque mondiale, ainsi que les enjeux du dialogue public-privé sur les secteurs à fort potentiel de croissance et de développement économique du pays. « Un nouveau cadre sera préparé à partir de cette année, en lien avec les priorités futures du gouvernement. L’implication de tous nos partenaires est nécessaire afin de définir ensemble les axes stratégiques de la coopération entre le groupe de la BM et la République du Congo pour les cinq prochaines années », a déclaré Ousmane Diagana.
La présence du bureau de Brazzaville devrait permettre de renforcer le partenariat entre la République du Congo et le Groupe de la Banque mondiale. Au Congo, la Banque mondiale développe 12 projets pour un portefeuille global de 861,90 millions de dollars US (environ 498,4 milliards FCFA) à la date du 15 mai 2025. Elle intervient dans divers secteurs parmi lesquels la construction d’infrastructures routières, l'institution de lignes de crédit accordées à des banques pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) congolaises, l'appui aux projets agro-industriels, la santé, l’environnement, etc.
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Pour sa part, l'IFC, la branche de la Banque mondiale en charge du secteur privé, revendique un portefeuille actif de 9 millions de dollars US en République du Congo, concentré sur un partenariat avec l’opérateur de télécommunication Airtel Congo. Cependant, depuis février 2025, l'institution s’est engagée à renforcer sa présence à travers une ligne de financements de 75 millions de dollars à l’endroit des secteurs stratégiques notamment le secteur bancaire, énergétique et industriel. Dans le cadre de ce projet, l’IFC a lancé les premières consultations pour un diagnostic du secteur privé (CPSD), ciblant dans un premier temps les activités agricoles (pêche, maïs), de transformation du bois et de logistique.
Le renforcement du partenariat entre les deux parties va participer à accélérer la stratégie gouvernementale axée sur la diversification économique, l’inclusion financière et le développement d’infrastructures critiques. Selon la Banque Mondiale, l’économie du Congo est peu diversifiée et fortement dépendante du pétrole. En 2023, le secteur pétrolier a représenté 80% des recettes d’exportation du pays et contribué à 42% de son PIB.
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