En République du Congo, le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans a atteint 40 % en 2025. Ce niveau est le plus élevé de toute l'Afrique centrale, selon le rapport sur les conditions socio-économiques consacré à la sous-région, élaboré à partir des données de la Banque mondiale. Il devance celui du Gabon (36,3 %), de l'Angola (27,2 %), de la Guinée équatoriale (15,7 %) et de la République centrafricaine (10,1 %). La Banque mondiale attribue ce bilan à une conjoncture encore mal cernée. Ces pays, globalement exportateurs de pétrole et de minéraux, sont plus exposés au chômage des jeunes puisque « les secteurs extractifs à forte intensité de capital génèrent peu d'emplois directs. Et pour des raisons géologiques, ils opèrent très souvent loin des zones urbaines, où pourtant sont concentrés les demandeurs d'emploi », explique le rapport.
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La situation du chômage au Congo est peut-être la plus préoccupante de la sous-région, mais le gouvernement de Brazzaville se félicitait, au cours de cette même année 2025, d'« une croissance historique de la formalisation et du recrutement national ». Dans son bilan 2025, l'Agence congolaise pour l'emploi (ACPE) indique avoir enregistré 41 298 nouveaux demandeurs, dont 50,1 % âgés de 20 à 29 ans. L'institution a collecté 2 392 offres d'emploi représentant 3 432 postes et visé 28 766 contrats de travail (+61,9 %), dont 27 023 recrutements de nationaux (+82,4 %) et 1 743 recrutements de travailleurs étrangers (–40,9 %). « Ces performances quantitatives traduisent une meilleure formalisation de l'emploi et une capacité accrue du marché à mobiliser la main-d'œuvre nationale », affirmait le ministre de la Formation qualifiante et de l'Emploi.
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Cependant, le marché de l'emploi devait encore faire face à plusieurs défis structurels, à l'instar de « la prédominance des contrats à durée déterminée », avait averti le membre du gouvernement. Les travailleurs sont d'ailleurs à plus de 80 % dans le secteur informel, où il n'existe aucune véritable garantie sur la durée. Deux mois après la publication du bilan annuel, soit à fin mars 2026, le nombre d'entreprises enregistrées dans le secteur primaire a accusé une baisse de 29,3 %, passant de 41 unités au premier trimestre 2025 à 29 seulement au premier trimestre 2026. Les contraintes majeures évoquées par les chefs d'entreprise étaient alors le transport et la logistique, les difficultés d'approvisionnement en eau, les problèmes de concurrence et les lourdeurs administratives.
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Cet état des choses serait moins familier aux « économies agraires à faibles revenus », selon les données de la Banque mondiale. Au Cameroun par exemple, le taux de chômage des jeunes de 16 à 24 ans se situerait à 6,5 %, tandis qu'au Tchad et au Burundi, il se situerait respectivement à 1,5 % et 1,7 %. « Mais cela masque un sous-emploi généralisé des jeunes et une proportion importante de jeunes ni en emploi, ni en éducation, ni en formation », soulève le rapport. Il est également mentionné que, face aux millions de jeunes qui entrent chaque année sur les marchés du travail d'Afrique centrale, des politiques industrielles et des politiques favorables aux PME créatrices d'emplois sont nécessaires pour davantage convertir cette masse en levier de développement.












