Le Fonds Monétaire International (FMI) a rendu public un rapport technique (édition de juillet 2025), proposant une réforme en profondeur du secteur pétrolier congolais. Le point central de ses recommandations est la fin du monopole d'importation de la Société Nationale du Pétrole du Congo (SNPC). Dans ce document, l'institution de Breton Wood dénonce un système opaque et inefficace, soulignant que « la SNPC, qui est entièrement détenue par l’État, a été le seul fournisseur de carburants aux distributeurs agréés » depuis sa création, alors qu'aucun texte réglementaire ne le prévoit.
Selon le FMI, la principale source d'inefficacité réside dans le mécanisme d'approvisionnement de la SNPC. L'institution explique que si la Congolaise de Raffinage (CORAF), une filiale de la SNPC qui gère l’unique raffinerie de pétrole du pays, couvre en moyenne 60 % de la consommation annuelle de carburant, les 40 % restants sont gérés par les importations de la SNPC. Le FMI dénonce ce monopole de fait, estimant que « les prix d'importation sont souvent supérieurs à ceux du marché international », ce qui génère des inefficacités chiffrées à 0,3 % du PIB par an entre 2018 et 2023. Pour corriger cette situation, le Fonds propose de mettre en place des appels d'offres concurrentiels et transparents pour les volumes importés, une pratique déjà en vigueur au Cameroun. L'objectif est double : réduire les surcoûts et renforcer le contrôle de l'Agence de Régulation des Activités Pétrolières aval (ARAP) sur la SNPC.
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Dans le secteur pétrolier congolais, la fin du monopole de la SNPC aurait un impact direct sur les subventions aux carburants, qui ont atteint un pic de 4,5 % du PIB en 2022. En rendant les prix d'acquisition plus compétitifs, l'État pourrait réduire ses dépenses. Le FMI recommande également de cibler les subventions en libéralisant immédiatement le carburant Jet A-1, principalement consommé par les industriels et non par les ménages. Il suggère aussi d'exclure les producteurs de pétrole onshore de la consommation de diesel au prix réglementé.
Pour plus de cohérence, la formule de tarification doit être revue afin que le prix d'importation (PI) de la SNPC s'aligne sur le prix de parité d'importation (PPI), à l'instar des produits de la raffinerie CORAF. Sur le marché de la distribution, une telle réforme bénéficierait aux principaux acteurs comme PUMA (30 %) et Total Energies (29 %), qui se partagent la majorité des parts de marché. Ces entreprises, ainsi que AOGC, Olympia, et la filiale de la SNPC (SNPC-D), profiteraient d'une plus grande transparence et d'une concurrence accrue, selon le FMI.
Un calendrier de réformes et un exemple à suivre
Pour illustrer ses propos, le FMI rappelle l'exemple du Maroc. Le pays a privatisé sa raffinerie nationale et éliminé les subventions aux carburants entre 2012 et 2015, réduisant ainsi ses dépenses publiques. Le succès de cette réforme reposait sur une forte volonté politique, une communication efficace et des mesures de compensation pour les populations vulnérables. Le FMI exhorte le Congo à s'inspirer de cette approche pour une réforme globale et durable, et propose la fin des subventions à la pompe d'ici 2026.
Cette recommandation intervient alors que le pays se prépare à l'entrée en service d'une nouvelle raffinerie à Pointe-Noire, avec une capacité de 1,6 million de tonnes par an, un développement crucial alors que la SNPC traverse elle-même une période de turbulence financière.
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