Au Congo, le lancement des travaux de construction du barrage de Sounda (600 MW), situé au sud du pays, a été reporté à une date ultérieure, a annoncé le gouvernement le 14 avril dernier. « Ces travaux ne manqueront pas de débuter dans les tous prochains temps. La science gouvernementale n'est pas une science exacte », a déclaré Thierry Moungalla, ministre congolais de la Communication et porte-parole du gouvernement. Les raisons de ce glissement de date n'ont pas été dévoilées.
Pourtant, sept mois plus tôt, le porte-parole du gouvernement annonçait le lancement des travaux pour janvier 2025, avec une date d’achèvement prévue cinq ans plus tard. « C’est un grand ouvrage de travaux publics… nous avons enfin la concrétisation de ce projet tant attendu pour renforcer l’offre de production électrique du Congo », avait-il confié au micro du média français RFI en octobre 2024. Il soutenait que cette perspective était rendue possible grâce à un accord signé avec l’entreprise chinoise China Overseas Company Limited. L’accord prévoyait un préfinancement de 1,9 milliard d’euros (environ 1 300 milliards FCFA) et la réalisation du projet selon le mode BOT (build-operate-transfer).
Le barrage de Sounda est depuis longtemps perçu comme un symbole de l’indépendance nationale. Dès janvier 1959, Fulbert Yulu, ancien Premier ministre, avait inscrit ce projet parmi les premiers grands chantiers hydroélectriques du Congo. Après la pose de la première pierre en 1995 par l’ancien chef de gouvernement Pascal Lissouba, aucun progrès significatif n’avait été enregistré, jusqu’à ce que le ministre de l’Énergie, Emile Ouosso, réactive le projet le 11 septembre 2024 en annonçant que l’électricité de Sounda serait opérationnelle d’ici 2030.
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Pour rappel, le Congo produit annuellement 720 mégawatts et perd près de 60 % de l’énergie électrique produite dans un réseau de distribution mal entretenu, selon les autorités. On note, par exemple, des pertes de puissance dans le circuit entre Pointe-Noire et Brazzaville, pourtant alimenté par une centrale à gaz d’une capacité de 450 mégawatts. Pour tenter de résorber ce déficit, le gouvernement avait envisagé de confier la gestion des segments de distribution et de commercialisation à une entreprise étrangère (Senelec). L’opération avait finalement avorté face au refus des populations et des syndicats du secteur électrique.
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