Au Congo, l'activité du transport ferroviaire a fortement reculé au deuxième trimestre 2026. Selon la note de conjoncture du ministère de l'Économie, le nombre de voyageurs transportés a chuté de 92 % en un an, passant de 430 au deuxième trimestre 2025 à seulement 34. Le volume de marchandises a lui aussi diminué de 28,9 % en glissement annuel, à 46 205 tonnes. Ce recul pèse directement sur le chiffre d'affaires du secteur, en repli de 4,3 % sur un an, à 1,1 milliard FCFA. Le ministère en attribue notamment la cause à « la dégradation des infrastructures ferroviaires et du matériel roulant, aux difficultés d'approvisionnement en pièces de rechange, ainsi qu'à la concurrence du transport routier ».
Ce recul n'est pas une surprise. Le diagnostic était déjà alarmant en 2025, lors d'une tournée à Pointe-Noire du ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka. Le directeur général du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO), Ignace Nganga, y décrivait un outil à bout de souffle. « Les ateliers du chemin de fer ressemblent à un champ de ruines. Le réseau ferroviaire est fortement dégradé, le parc de locomotives est quasi inexistant, les wagons sont en nombre insuffisant, et les systèmes de télécommunications, de signalisation et d'énergie sont hors d'usage ». Sur les 43 locomotives de ligne de la compagnie, seules 12 étaient opérationnelles en 2025, et parfois six à peine pendant les périodes critiques, marquées en outre par une pénurie de locomotives de manœuvre et une crise sociale majeure.
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Pour remettre en état cette infrastructure de 515 kilomètres entre Brazzaville et Pointe-Noire, le président Denis Sassou N'Guesso a lancé en février dernier les travaux de rénovation du chemin de fer. Le chantier repose sur une convention de financement de 737 millions d'euros (environ 483 milliards FCFA), signée en 2025 avec Ulsan Mining Congo, filiale du groupe turc Ulsan Holding. Il prévoit le remplacement des anciens rails et des traverses en bois par des traverses préfabriquées en béton armé, le renforcement du ballast, la reconstruction complète de la voie, la réfection des ouvrages d'art et la modernisation des principales gares : Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Madingou, Bouansa, Loutété, Mindouli et Brazzaville. Le lancement de ce chantier a probablement contribué à la hausse des importations d'équipements de transport au deuxième trimestre, passées de 46 à 65 milliards FCFA (+41 % en glissement annuel).
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Mais en attendant les résultats de cet investissement, l'état actuel des infrastructures continue de peser lourdement sur le trafic. Il n'est cependant pas la seule cause, comme le souligne la note de conjoncture : le rail subit aussi de plein fouet la concurrence de la route, qui se porte nettement mieux. Le chiffre d'affaires des transports terrestres a progressé de 28 % en glissement annuel, à 487 millions FCFA. Le volume de marchandises transportées par voie terrestre a, lui, augmenté de 13,7 % en variation trimestrielle et de 11,4 % en glissement annuel, à 1 604 597 tonnes au deuxième trimestre 2026, contre 1 439 945 tonnes un an plus tôt.






