Au Congo la loi de Finance 2025, votée le 22 décembre dernier par le Parlement et promulguée par le président de la République, enregistre des baisses globales causées par la baisse des recettes pétrolières, principale source de revenus du pays. D'après les autorités, le texte législatif a été conçu dans une optique de prudence liée au nouveau cadrage macroéconomique et budgétaire, dans le cadre du programme économique et financier conclu avec le Fonds monétaire international (FMI).
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Ainsi, le gouvernement congolais envisage de dépenser 2 198,6 milliards de Fcfa (+ 6,2%) et de collecter 2 550,6 milliards de Fcfa (-2%) de recettes au cours de l'exercice budgétaire 2025. Ce qui laisse un excédent budgétaire de 352 milliards de Fcfa destiné à prendre en compte et solder le déficit de trésorerie qui s’établi selon la LF2025 à 352 milliards de Fcfa. Cependant, les besoins de financement de l'État congolais en 2025 étant estimés à 849 milliards de Fcfa, la loi de finances autorise le gouvernement à « négocier les termes de la dette ainsi que des appuis budgétaires et dons, mais aussi émettre des bons et obligations sur le marché régional » afin d’assurer l’équilibre budgétaire. C’est à cet effet que Brazzaville a annoncé son intention de mobiliser 60 milliards de Fcfa pour le mois de janvier 2025 sur le marché des titres publics de la BEAC ainsi qu’un échange « dette contre nature » pour 79 milliards de sa dette publique.
Un coup de rabot de 50 milliards
Le corpus de la loi de finances 2025 prévoit un rabot moyen de 50 milliards par postes de recettes en commençant par le budget de l’Etat qui affiche une baisse de 54,4 milliards par rapport aux 2 605 milliards de l’année précédente. Cette baisse s’inscrit conséquemment à la mise en place du cadrage budgétaire du FMI qui impose un certain nombre de contraintes donnant lieu à l’élaboration d’un budget de l’Etat plus prudent. Dans son projet de loi de Finances publié en octobre 2024, le Congo projetait un budget haussier à 2 826,6 milliards de ressources et 2 233,4 milliards pour les dépenses avant d’être rappeler à l’ordre par le FMI.
Dans l’ensemble, le pays de Sassou Nguesso entend collecter des recettes pétrolières de l’ordre de l’ordre de 1 231 milliards de Fcfa, en baisse de 15% par rapport à l’année écoulée. Cette réduction des prévisions de recettes de la principale source de revenus du pays s’explique selon les autorités par une précaution vis-à-vis du prix de vente du brut congolais qui est allé en baissant durant l’année 2024 atteignant 74, 41 dollars, en baisse de près de 7% du prix du brut congolais après une baisse de 6,7% au 3ème trimestre et 5,2% au second. De leur côté, les recettes gazières s’annoncent également à la baisse un an seulement après l’apparition de cette assiette dans la loi de Finances. Les attentes vont donc passer de 29,3 milliards à 26,6 milliards (-9,2%).
Les mesures nouvelles
Cette baisse a également entrainé un réaménagement du volet investissement faisant passer l’enveloppe de 515,5 milliards dans le projet de LF2025 à 417 milliards. Ce point qui représente 19% de la facture totale des dépenses devrait être constitué de 215 milliards de ressources internes et 202 milliards de ressources externes. Toutefois, Brazzaville projette un bond de ses recettes fiscales à 1 075,3 milliards pour le compte de l’année 2025. La collecte dépasserait ainsi la barre des 1 000 milliards après 935 milliards en 2024 et 798 milliards un an plus tôt. Cette croissance sera soutenue par la reconduction mais également la création de nouvelles mesures fiscalo-douanières prescrites par la LF2025.
C’est le cas par exemple de la taxe forfaitaire de solidarité nationale créée dans la loi de Finances et à travers laquelle le pays compte collecter près de 3 milliards de Fcfa ; l’impôt sur les sociétés, suspendue depuis 2020 et dont le taux sera revu à la hausse pour une moyenne de 30% du bénéfice annuel de chaque société avec extension sur les personnes physiques et surtout l’instauration de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) au Congo pour l’exercice, pourtant abrogée depuis 1997. Toutes ces mesures visent à mobiliser des ressources financières destinées à renflouer les caisses de l’Etat au bord de la crise économique. Faut-il le rappeler, l'encours de la dette du Congo a atteint 8 497,4 milliards de Fcfa soit 98,96% du PIB ; ce qui a causé des défauts de paiements et engendré une "crise de confiance" des investisseurs.

