Le Congo veut dématérialiser tous ses services du domaine des finances. L’information a été révélée à l’issue d’une audience le 20 mars dernier entre le ministre congolais des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka et Yves Castanou, Directeur général de Congo Telecom, l’opérateur historique des télécommunications dans ce pays de la zone Cemac. « Le DG de Congo Telecom propose de mettre en œuvre un Programme de transformation digitale des processus couvrant l’ensemble des activités financières de l’État », lit-on sur le site institutionnel.
Brazzaville n’apporte pas de précisions sur les différents services financiers à digitaliser. Toutefois, l’on peut constater que ceux-ci incluent généralement un large panier d’activités. Il s’agit en l’occurrence : la perception des impôts et des taxes, la gestion de la dette publique, les émissions de monnaies et de billets de banque, la régulation des banques et des institutions financières, le contrôle des changes et des transactions internationales, la gestion des réserves de changes.
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À ces services, vient s’ajouter la gestion des fonds publics et des budgets, la régulation des marchés financiers et des bourses, la prévention et lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, la gestion des fonds de pension et des régimes de retraite ainsi que celle des risques financiers et des assurances publiques, etc. « Le but de cette digitalisation des services financiers de l’Etat est d’assurer une collecte optimale des recettes publiques et d’améliorer l’assiette fiscale », rassure Yves Castanou. C’est dire qu’en digitalisant tous ses services financiers, l’Etat congolais devrait en principe avoir plus de visibilité, traçabilité et de transparence sur les ressources attendues des différents postes de recettes. Ceci dans un environnement où la corruption se dresse parmi les principaux obstacles à la mobilisation optimale des recettes budgétaires dans plusieurs pays de la Cemac.
Recommandations du FMI
Au-delà de l’objectif d'accroître les recettes internes (prévisions de 1 075,331 milliards de Fcfa de recettes fiscales à fin 2025, dont 894,331 milliards d’impôts et taxes intérieurs) , le projet du Congo de digitaliser tous ses services financiers répond à l’une des recommandations du Fonds monétaire international (FMI) dans un contexte où sa dette publique est ressortie à 8 497,4 milliards de Fcfa en 2024 soit 98,96% du PIB, bien au-dessus du seuil de 70% admis en zone Cemac. Ainsi, l’institution de Bretton Woods a encouragé le Congo à « poursuivre l’assainissement des finances publiques ».Le FMI a également insisté sur la nécessité « d’améliorer la transparence des finances publiques et du secteur des hydrocarbures, et d’avancer dans la mise en œuvre de l’architecture de lutte contre la corruption, notamment en améliorant le cadre de LBC/FT ».
Le 28 février 2025, l’agence américaine de notation Fitch Ratings a reconduit la note « CCC+ » au Congo, reflétant notamment « les indicateurs de gouvernance faibles ». Concrètement, Fitch reproche au Congo, sa faible gestion des finances publiques qui a engendré des incidents de paiement sur ses eurobonds en 2016 et 2017, mais aussi sur sa dette intérieure de marché. Sous ce rapport, la digitalisation exhaustive s’annonce donc comme une solution aux manquements observés dans le fonctionnement des services financiers de l’Etat.
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