Le gouvernement congolais a attribué à la société Hui Feng une autorisation de prospection pour l'or couvrant 115 km² dans le département du Niari, poursuivant ainsi sa politique d'ouverture du secteur aurifère malgré l'absence d'une production industrielle du métal précieux dans le pays. L'autorisation, accordée par un arrêté du ministre des Industries minières et de la Géologie, Urbain Fiacre Opo, est valable pour une durée de douze mois renouvelables. Elle permet à cette société, immatriculée au Congo en 2026 et domiciliée à Brazzaville, de réaliser des travaux de prospection sur le périmètre dit « Koumou » afin d'évaluer le potentiel aurifère de la zone.
L'arrêté impose à Hui Feng d'associer les services techniques de l'administration minière à ses travaux, de transmettre un rapport trimestriel d'activité et d'obtenir un certificat d'origine pour tout échantillon envoyé à l'étranger pour analyse. En contrepartie, l'entreprise bénéficiera des exonérations fiscales prévues par le code minier sur les équipements destinés à la prospection. Peu d'informations sont disponibles à ce stade sur Hui Feng. En dehors de son immatriculation récente au registre du commerce congolais, aucun projet minier ni activité antérieure de la société n'a pu être identifié.
Cette décision s'inscrit dans une stratégie plus large de diversification du secteur minier congolais, traditionnellement dominé par le pétrole, le fer et la potasse. Selon le rapport 2023 de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), l'or concentre déjà la majorité des nouveaux titres délivrés dans le secteur des petites mines. Sur les 32 autorisations d'exploitation de petite mine octroyées cette année-là, 26 concernaient l'or, auxquels s'ajoutaient deux permis de recherche, soit davantage que pour toute autre substance minérale.
Malgré cet intérêt croissant, la filière aurifère congolaise demeure largement artisanale. Le rapport ITIE indique que l'administration minière n'a enregistré aucune exportation d'or artisanal en 2023. Les 457,4 kilogrammes d'or, d'une valeur de 622 millions de dollars, recensés la même année par la base de données Comtrade correspondaient essentiellement à des réexportations d'or provenant de pays voisins, principalement à destination des Émirats arabes unis, selon les explications fournies par la Direction générale des mines.
Le développement du secteur reste également confronté à un faible niveau de formalisation. Le Plan d'action national pour l'exploitation minière artisanale et à petite échelle de l'or (PAN Or) estime que 92 % des orpailleurs ne s'acquittent d'aucune taxe communale, limitant les recettes publiques tirées de cette activité.
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