Au Congo, les pouvoirs publics misent sur la multiplication d’accords stratégiques avec divers investisseurs étrangers afin de dynamiser le secteur minier du pays. C’est ce que révèle un récent acte du gouvernement de Sasou Nguesso, dévoilé par le gouvernement algérien. En effet, selon une source consultée par Ecomatin, le 14 novembre, Pierre Oba, ministre des Mines de la République du Congo, et Mohamed Arkab, son homologue algérien, ont signé un protocole d’accord destiné à renforcer leurs coopérations dans le secteur minier entre deux pays. D’après la source, ce dernier a pour principale objectifs de favoriser les investissements étrangers dans l’exploitation des ressources minières congolaises et développer des projets communs en matière d’exploration et de gestion durable des ressources.
Dans le détail, l’accord, fruit de plusieurs discussions bilatérales, vise notamment à développer l'exploration et l'exploitation de ressources telles que l'or, les terres rares et le marbre, comme l'indique le communiqué du ministère algérien des Mines. Le Congo, riche en ces ressources, dispose d'importantes réserves dont le potentiel exact reste à évaluer précisément. Des études géologiques approfondies sont nécessaires pour déterminer avec exactitude les quantités exploitables et les meilleures méthodes d'extraction.
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En plus de ces matières, le sous-sol congolais renferme d'importantes ressources minérales. Selon des estimations officielles, le pays dispose d'au moins 25 milliards de tonnes de réserves de fer, principalement localisées dans les départements de la Lékoumou et de la Sangha. On y trouve également plus de 3,2 milliards de tonnes de réserves de potasse dans le Kouilou, environ 2,2 millions de tonnes de cuivre et 531 millions de tonnes de phosphate. Par ailleurs, un rapport 2019 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) indique que les régions de la Likouala, de la Cuvette-Ouest, du Niari et de la Lékoumou présentent un fort potentiel diamantifère, avec des réserves estimées à environ 8 millions de carats sur une superficie de plus de 26 000 km².
Trois alliés au second semestre 2024
Il faut noter que le récent accord entre le Congo et l’Algérie s'inscrit dans une stratégie plus large. Il survient dans un contexte où le long feuilleton judiciaire avec l’entreprise minière australienne Sundance sur le projet minier de fer de Mbalam-Nabeba, à cheval sur la frontière avec le Cameroun pourrait arriver à son terme, après la signature d'un accord de règlement conditionnel en juillet dernier.
Ces derniers mois, Brazzaville a multiplié les partenariats dans le secteur minier. En août 2024, Ulsan Mining Congo, entreprise minière tuque, a obtenu une concession pour exploiter le gisement de fer de Mayoko-Moussondji. En septembre de la même année, China Gold, la multinationale chinoise, a signé un accord pour l'exploration aurifère à la suite de la visite du président congolais en Chine. L’Algérie devient ainsi le premier partenaire maghrébin du Congo dans le secteur minier, rejoignant ainsi le Cameroun et la RDC au sein des partenaires stratégiques de Brazzaville pour le développement de projets miniers en Afrique subsaharienne. Ces partenariats visent à stimuler la croissance économique du Congo, à créer des emplois et à favoriser le transfert de technologies.
Rappelons que malgré des réserves importantes en minerais, le secteur minier congolais reste sous-exploité, ne représentant seulement 1 % de l’activité économique en 2022, selon BMI, une division de Fitch Solutions. Cette sous-exploitation s'explique notamment par un manque d'infrastructures adéquates et un cadre réglementaire complexe. Lors du Forum sur l’Energie qui aura lieu à Brazzaville en mars 2025, le Congo pourrait davantage élargir ses partenariats dans le secteur minier et impulser un nouveau souffle pour son économie.









