A la date butoir du 31 octobre 2024, la République du Congo n’a pas pu verser à la junior-minière australienne Sundance Resources, la somme de 150 milliards de Fcfa requise pour mettre fin au litige qui oppose les deux parties sur le gisement de fer de Mbalam-Nabeba, situé entre le Cameroun et le Congo. « Le 1er juillet 2024, Sundance a annoncé la signature d'un accord contraignant mais confidentiel et conditionnel, entre Sundance, la filiale de Sundance Congo Iron SA et l’Etat du Congo, qui visait à régler le différend en cours devant la Cour internationale d’arbitrage de la CCI (Chambre de commerce internationale de Paris). En cas de succès, le règlement conditionnel devait intervenir au plus tard le 30 septembre 2024. Les fonds en espèces, comme l'exige le règlement conditionnel, n'ont pas été reçus à la date limite, et comme annoncé par Sundance le 30 septembre 2024, il a été convenu que la date de fin du règlement conditionnel soit prolongé jusqu'au 31 octobre 2024. Même si des progrès semblent avoir été réalisés par le Congo pour mobiliser les fonds requis pour parvenir au règlement conditionnel, les fonds n’ont pas été reçus à ce jour par Sundance», annonce la junior-minière australienne dans un communiqué publié ce 1er novembre 2024.
Au regard de ce deuxième défaut de paiement de l’Etat du Congo, Sundance Resources annonce la fin du règlement conditionnel entre les deux parties, mais laisse la porte entrouverte à un éventuel rattrapage rapide de la part de Brazzaville. « Le règlement conditionnel a maintenant pris fin. L'arbitrage avec le Congo devant la CCI se poursuivra comme l'a signalé Sundance, et l'audience se poursuivra comme prévu le 14 novembre 2024 à Paris. Sundance reste ouvert à la conclusion d'un règlement avec le Congo dans les plus brefs délais, pour le bénéfice de tous », indique la société australienne dans son communiqué du 1er novembre 2024. Selon les termes de ce document, malgré le non-respect de ses engagements à deux reprises, la République du Congo peut encore éviter que le litige avec Sundance Resources soit débattu devant la CCI, en payant à la junior-minière australienne les 150 milliards de Fcfa convenus, le 13 novembre 2024 au plus tard.
Lire aussi : Litige autour du fer de Mbalam-Nabeba : le Congo fait défaut sur un paiement de 150 milliards de Fcfa dû à Sundance
Il est a rappeler que dans le cadre de la procédure arbitrale en cours devant la CCI de Paris, Sundance Resources réclame plutôt à la République du Congo des dommages et intérêts astronomiques de 8,76 milliards de dollars, soit près de 5 000 milliards de Fcfa. Selon la firme minière australienne, c’est le prix à payer par Brazzaville, pour avoir retirer à sa filiale Congo Iron le projet d’exploitation du gisement de fer de Mbalam-Nabeba, situé entre le Cameroun et le Congo, pour le confier à la société Sangha Mining. Il s’agit d’une entreprise affiliée à Bestway Finance, véhicule d’investissements chinois basé à Hong-Kong, qui est également impliqué dans la conduite de ce projet minier transfrontalier côté camerounais.
Pour bien comprendre cette bataille autour du gisement de fer de Mbalam-Nabeba, il faut noter qu’il s’agit d’une réserve de niveau mondial, créditée d’un potentiel de 517 millions de tonnes. Selon Sundance Resources, le premier développeur de ce projet finalement tombé dans l’escarcelle chinoise, son exploitation vise, dans une première phase, à produire annuellement 35 à 40 millions de tonnes de minerai à enfournement direct, sur une période de 12 ans. La deuxième phase, quant à elle, consiste à prolonger l’exploitation du gisement de plus de 15 ans, en produisant un concentré d’itabirite hématite à haute teneur. Mais, pour réaliser ce rêve que caressent depuis des décennies les Etats congolais et camerounais, il faut réaliser des investissements d’un montant total d’environ 5 000 milliards de Fcfa. Ces investissements sont répartis entre la construction de la mine et d’un réseau de 510 Km de voie ferrée, entre le Congo et le port en eau profonde de Kribi, au Sud du Cameroun.








