40 milliard FCFA par an : c’est le montant que Yaoundé compte consacrer, entre 2027 et 2029, à la restructuration de la Société camerounaise d’électricité (Socadel), soit 120 milliards FCFA sur la période. Pour les Conférences élargies de programmation budgétaire et de la performance associée (CEPB-PA) de septembre, cette enveloppe est faible. « La tâche spécifique Socadel est bien retracée, mais la dotation de 40 milliards FCFA par an demeure marginale au regard de l’enjeu de structuration », relève le document.
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Eneo, l’ancien concessionnaire de la distribution d’électricité, accusait en moyenne 13 milliards FCFA d’écart mensuel entre recettes collectées et dépenses à couvrir, soit environ 156 milliards FCFA par an, près de quatre fois l’enveloppe prévue. Il a laissé un passif de 850 milliards FCFA. La seule fraude fait perdre plus de 60 milliards de FCFA par an.
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La Socadel est née en mai dernier sur les cendres d’Eneo, après le rachat pour 78 milliards FCFA des parts du fonds britannique Actis. Le document des conférence ne détaille pas les actions concrètes à mener pour la remettre sur les rails. Il recommande en revanche au ministère de l’Eau et de l’Énergie d’étudier comment ne pas lui faire supporter ce passif, « afin de préserver les capacités d’investissement de cette nouvelle société ». Ce qui suggère que le passif pourrait être repris par l’Etat en l’intégrant à la dette publique ou tout au moins, les créanciers pourraient en supporter une partie, par une renégociation, un rééchelonnement ou une décote.
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Le ministère de l’Eau et de l’Energie a élaboré le plan de restructuration 2026-2028. Celui-ci repose sur plusieurs leviers. Côté recettes, il prévoit un ajustement tarifaire de l’ordre de 15 %, une montée en puissance de la demande industrielle et un recouvrement effectif des factures, un refinancement de la dette. La lutte contre la fraude, qui prive l’opérateur de plus de 60 milliards FCFA par an, constitue un autre gisement. Côté charges, le plan vise la réduction des coûts opérationnels, le refinancement de la dette et la digitalisation des processus. Le tout doit s’appuyer sur un renforcement de la gouvernance financière.
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L’enjeu est donc grand, celui de redresser un secteur crucial pour le développement de l’activité économique et même pour le bien être de nombreux ménages.








