Près de cinq mois après le rachat par l’État des 51 % de parts détenues par le fonds britannique Actis dans Electricity of Cameroon (Eneo), pour un montant de 78 milliards FCFA, le président Paul Biya a signé, le 4 mai 2026, un décret portant réorganisation de l’entreprise, désormais entièrement sous contrôle public. Selon ce texte, « la société Electricity of Cameroon (Eneo Cameroon S.A.) est transformée en société à capital public, ayant l’État comme actionnaire unique ». Elle change également de dénomination pour devenir la Société camerounaise d’électricité (Socadel).
Dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière, la nouvelle entité a son siège à Douala, avec possibilité de transfert sur le territoire national par décision du conseil d’administration, sous réserve de l’approbation de l’assemblée générale. Le décret fixe le capital social de la Socadel à 43,9 milliards FCFA. Il précise également que l’entreprise « n’est pas assujettie aux dispositions du Code des marchés publics », tout en restant soumise aux règles applicables aux entreprises publiques.
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Sur le plan des ressources humaines, la Socadel sera constituée en priorité du personnel de l’ex-Eneo Cameroon, avec la possibilité de recruter directement, d’accueillir des fonctionnaires en détachement ou des agents de l’État relevant du Code du travail. Au ministère de l’Eau et de l’Énergie (Minee), l’on assure que le paiement de l’opération de rachat a été entièrement effectué.
Cette réorganisation relance toutefois les interrogations sur la gouvernance de l’entreprise. Le maintien à son poste du directeur général, le Marocain Amine Homman Ludiye, nommé en juin 2023 en remplacement du Belge Patrick Eeckelers, reste incertain.
Alors que l’État reprend pleinement le contrôle du concessionnaire, le choix entre continuité managériale et « camerounisation » de la direction constitue désormais l’un des principaux arbitrages à venir dans un secteur énergétique confronté à des défis structurels persistants.
Pour rappel, fondée le 18 mai 1974 sous l’appellation de Société Nationale d’Électricité du Cameroun (SONEL), l’entreprise absorbe Powercam dès 1975 avant de connaître un tournant majeur en 2001 lors de sa privatisation au profit d’AES Sirocco Limited (filiale de l’Américain AES Corporation), devenant ainsi AES Sonel. En mai 2014, le fonds britannique Actis prend le contrôle de la société, rebaptisée Eneo Cameroon SA le 12 septembre de la même année, avec une répartition du capital évoluant en 2017 pour stabiliser la part d’Actis à 51 %, celle de l’État à 44 % et celle du personnel à 5 %. Finalement, l'année 2025 marque le retour définitif de l'électricien dans le giron national suite au rachat par l’État camerounais de l’intégralité de la participation détenue par Actis.
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