Le gouvernement camerounais a adopté un nouvel arrêté encadrant strictement les interventions sur le réseau public de transport et de distribution d’électricité. Signé le 23 février 2026 à Yaoundé par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, le texte vise à mettre un terme à la multiplication des interventions illégales, souvent à l’origine de perturbations du service électrique. « Le présent arrêté fixe les conditions d’intervention sur le réseau public de transport et de distribution d’électricité au Cameroun », stipule son article 1er.
Désormais, toute intervention sur les installations de transport, de distribution ou de comptage devra obligatoirement être effectuée par un agent dûment habilité, muni d’un ordre de service assorti d’un accord d’exécution ou d’un permis de travail. Le document devra préciser l’identité de l’intervenant, l’objet de la mission, la zone concernée, la durée de validité, ainsi que les coordonnées du responsable compétent.
En s’appuyant sur la loi de 2011 régissant le secteur de l’électricité, le gouvernement entend lever toute ambiguïté sur la légitimité des équipes opérant sur le réseau. L’article 6 de l’arrêté confie aux autorités administratives, au directeur général de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel), ainsi qu’aux dirigeants d’ENEO et de SONATREL, la responsabilité de veiller à l’application stricte de ces nouvelles dispositions.
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Bien que le volume exact des interventions frauduleuses ne soit pas officiellement quantifié, plusieurs cas ont été signalés, notamment des manipulations illicites de compteurs prépayés à Douala et Yaoundé. Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux font également état d’individus se faisant passer pour des agents afin d’extorquer de l’argent aux abonnés. Le nouvel arrêté précise que toute intervention sans documents originaux est désormais considérée comme frauduleuse et expose ses auteurs à des sanctions administratives et pénales. Les usagers sont par ailleurs autorisés à exiger la présentation des autorisations avant toute manipulation de leurs installations.
Cette mesure intervient dans un contexte de durcissement de la lutte contre la fraude électrique. Le gouvernement a annoncé le lancement, à compter du 15 mars 2026, d’une opération nationale de contrôle visant à démanteler les réseaux frauduleux. Selon les autorités, ces pratiques causent des pertes estimées à plus de 60 milliards FCFA par an.
Cette réforme intervient également dans un contexte de reprise progressive du contrôle public du secteur électrique, marqué par une volonté de sécuriser les infrastructures et d’améliorer la gouvernance du réseau. Le système électrique camerounais repose sur deux principaux réseaux interconnectés : le Réseau interconnecté Sud (RIS), qui couvre les principales zones économiques du pays, et le Réseau interconnecté Nord (RIN). Le pays dispose actuellement d’une capacité installée d’environ 1 652 MW, que les autorités ambitionnent de porter à 3 000 MW à l’horizon 2030 pour soutenir la croissance économique et l’industrialisation.
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