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Elevage : le Gabon engage une réforme ambitieuse pour réduire sa dépendance aux poulets importés

95 % des poulets consommés au Gabon sont importés. Pour inverser la tendance, l’État déploie une stratégie ambitieuse.

Publiée samedi 2 août 2025 à 11:24:51Modifiée samedi 2 août 2025 à 11:24:54Temps de lecture 4 minPar Cindy MBALA BETINE

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Au Gabon, l’Etat veut en finir avec sa dépendance aux importations de poulets de chair, dont la facture annuelle avoisine les 65 milliards de FCFA pour environ 65 000 tonnes. Dans cette optique, le ministère de l’Agriculture a lancé, depuis le 15 juillet dernier et jusqu’au 31 août prochain, un ensemble de mesures visant à doper la production annuelle estimée à 4 500 tonnes. « Depuis plusieurs années, nous consommons 70 000 tonnes de poulets de chair chaque année, alors que nous n’en produisons que 4 500 tonnes. Il nous manque donc 65 000 tonnes que nous devons importer, ce qui représente un taux de dépendance de 95 % », a expliqué Jean-Jacques Mouyabi, directeur général de l’Élevage.

Quatre mesures annoncées

Premièrement le gouvernement a lancé une vaste opération de recensement de l’ensemble des acteurs de la filière avicole depuis quelques semaines. Éleveurs de poulets de chair et de pondeuses, producteurs de maïs, de soja, d’arachide, transformateurs et machinistes, y compris ceux qui ne disposent pas encore de documents administratifs officiels. Ce recensement vise à établir une cartographie exhaustive et actualisée du secteur afin d’ajuster les politiques publiques de soutien à la production. « À terme, les données issues du recensement permettront de bâtir une base de données nationale pour orienter les futures subventions, organiser la répartition des quotas de production, et planifier la construction d’abattoirs semi-industriels », a-t-il rajouté.

Lire aussi : Consommation : le Gabon veut réduire de 30 % ses importations alimentaires en 5 ans

Deuxièmement, le président de la République du Gabon, Brice Clotaire Olingui Nguema, a annoncé en début de mois de juillet, la création de six fermes avicoles industrielles dans six provinces encore non précisées. L’objectif annoncé est de produire « 1,5 million de poulets par an à court terme, avec une ambition plus large de porter la production nationale à plus de 70 000 tonnes d’ici à 2027 », a-t-il confié aux médias nationaux.

Le gouvernement envisage également de mettre en place un guichet unique pour l’agrément des éleveurs et l’attribution de subventions, dans le but de réduire les délais de traitement des dossiers à moins de 30 jours. La stratégie comprend également la sécurisation des intrants (maïs, soja), la formation de techniciens en production avicole, le développement d’une chaîne du froid, ainsi que l’encadrement de la transformation artisanale, notamment les rôtisseries urbaines.

Lire aussi : Vie chère : Le Gabon va réviser la mercuriale pour lutter contre l’inflation

En dernier point, un fonds d’investissement public-privé devrait être créé pour soutenir la transformation industrielle de la filière, ainsi que des lignes de crédit préférentielles et des incitations fiscales. À terme, ce programme pourrait générer plus de 50 000 emplois directs et offrir une opportunité concrète aux jeunes entrepreneurs. Par ces mesures, le Gabon entend faire passer son élevage de volaille d’un secteur informel et peu structuré à un pilier de souveraineté alimentaire, tout en réduisant fortement sa facture d’importations dans un contexte de pression sur les réserves en devises.

Coût des intrants alimentaires élevés

Il faut relever que, malgré un potentiel agricole certain, la filière avicole gabonaise reste confrontée à plusieurs freins structurels. Parmi les principaux obstacles figurent le coût élevé des intrants alimentaires comme le maïs et le soja, souvent importés, l’absence de financements adaptés pour les petits producteurs, le manque d’équipements modernes et le déficit en infrastructures d’abattage et de conservation. À cela s’ajoute une faible structuration de la chaîne de valeur, marquée par une prédominance du secteur informel, une formation insuffisante des acteurs et une absence de cadre incitatif durable. Ces défaillances cumulées ont limité les investissements et freiné l’émergence d’une production locale à grande échelle, rendant le pays largement dépendant des importations.

Lire aussi : Le Gabon lance un plan de 10 000 milliards FCFA pour porter la croissance à 10 % d’ici 2030

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