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Energie : Eneo revendique un taux d’accès à l’électricité de 68% au Cameroun en juin 2024

Avec 2 104 288 foyers bénéficiant d’un raccordement conforme dans le pays au premier semestre de l’exercice en cours, le concessionnaire du service public de l’électricité indique également que la couverture de la demande en énergie électrique a cru de 4% dans le Réseau interconnecté sud (RIS) et de 10% dans le Réseau interconnecté nord (RIN) durant cette période.

Publiée samedi 14 septembre 2024 à 18:24:42Modifiée dimanche 15 septembre 2024 à 13:19:27Temps de lecture 6 minPar Simon Pierre Mbarga

Amine Homman Ludiye, le directeur général d'Eneo au Cameroun

En 2020, la Banque mondiale situait le taux d’accès à l’électricité au Cameroun à 64%. Aujourd’hui, en tenant compte
d'une progression de 1 à 1,5% par
an sur
les
10
dernières années, le concessionnaire du service public de l’électricité au Cameroun, la société Eneo, filiale du fonds d’investissements britannique Actis, affirme que le taux d’accès à l’électricité affiche 68% à fin juin 2024 dans le pays. Une progression rendue possible grâce à la réalisation de nouveaux branchements. En réalité, annonce Eneo dans son bulletin d’information semestriel, 75000
nouveaux
 clients ont été connectés
 au
 premier
semestre 
2024 au réseau. Parmi eux, 64 000 
sont
issus 
d'un
 processus
 de
 nouveaux branchements
 et
 11
000 
issus des
 régularisations.

Bien plus précise l’énergéticien dans son bulletin d’informations, grâce au programme PERACE de l’Agence d’électrification rurale (AER), financé par la Banque mondiale, le nombre de nouvelles connexions réalisées par la société s’établit depuis 20 mois, soit au 30 juin 2024, à 163 000 nouveaux branchements dans le réseau. Pour 2025, la société annonce qu’elle vise 240 000 branchements au cours six premiers mois de cette année-là dans ce cadre. 

Lire aussi : Electricité : comment le gouvernement camerounais prépare l’après Actis

Du fait de ces performances, la filiale locale du fonds d’investissements britannique depuis en pourparlers avec le gouvernement pour une reprise dans le portefeuille public, revendique pas moins de 2 104 288 clients actifs. Parmi eux, 739 000 sont connectés aux branchements prépayés, soit 35% du chiffre total. Mais, regrette l’énergéticien, ses efforts de branchements s’en trouveraient récompensés si les contraintes financières n’entravaient pas sa capacité à constituer des stocks pour les travaux y relatifs. Cependant, note la société, le nombre de branchements en instance a baissé de 40% en un an.

Investissements

Toutefois, ce qui est réalisé l’est du fait de la relance des investissements que l’entreprise a plafonnés cette année à 53 milliards de FCFA, en hausse de 20 milliards par rapport à ce qui avait été arrêté en 2023, soit
une augmentation de 58
%.
 Ainsi, le
portefeuille
 global
 des
 projets
 en
 compte
133 pour 2024. Ces derniers touchent à la
production
efficiente
de
l'électricité
dans
le
parc de production
d'Eneo,
l'amélioration
de
la
qualité
de
la distribution,
la modernisation
des
équipements
commerciaux
pour
une expérience
client positive,
le
renforcement
des
infrastructures informatiques.

En début de cette année, certains projets, notamment le lancement de la construction des parcs solaires à Guider et à Maroua d’une capacité de 30 MW, ainsi que nombre d’autres portant sur la distribution et la production, ont permis de porter la capacité installée du Cameroun à 1529 MW dont 1012 directement produits par Eneo.

D’autres investissements sont néanmoins annoncés pour l’année prochaine. Pour le DG Amine Homan Ludiye, les problèmes de perturbations peuvent résulter de la production, de la distribution et du transport. "Avec les investissements, le
 facteur limitant n'est plus la production,
mais le transport et la distribution, des
 secteurs qui nécessitent des investissements
importants”, se défend-il. Et de poursuivre: “Néanmoins, il faut souligner
 qu'Eneo
dépasse
 actuellement,
pour
 l'essentiel,
les
objectifs
fixés
par
le
régulateur
 en termes de disponibilité des grandes
 centrales,
de
fiabilité
des
grandes
lignes,
et
de
réduction
de
la
durée
et
de
la
fréquence
des
coupures
d'électricité.”

Difficultés financières

Eneo, filiale du fonds d’investissements britannique Actis, fait face à d’importantes difficultés financières depuis des années. Celles-ci ont contraint ses fournisseurs à arrêter de fournir l’énergie dans certaines de ses installations en raison de l’accumulation d’impayés en fin d’année dernière et en début de l’exercice en cours. Pour justifier cette situation, le concessionnaire pointait du doigt l’ardoise due par l’Etat et qui affichait 266 milliards de FCFA au 31 décembre 2023 selon l’énergéticien.

Mais, citant la comptabilité d’Eneo, un document de conciliation du mois d’avril de l’année en cours, sous réserve de vérifications contradictoires, retraçait en détail, les créances de l’énergéticien consolidées, réconciliées et validées par le régulateur sur les entreprises et établissements publics camerounais ainsi que sur d’autres entités publiques au 31 décembre 2023. Soit respectivement 66,766 milliards de Fcfa et 328,504 milliards de FCFA.

Lire aussi : Rachat d’Eneo par l’Etat : le montant du ticket de sortie divise Actis et le gouvernement camerounais

De plus entre le 1er janvier 2021 et le 20 décembre 2023, assure le ministère des Finances, Eneo a reçu des paiements en cash de 300 milliards de Fcfa de l’Etat, compte non tenudes paiements effectués par compensation des impôts et taxes par contraintes extérieures. Certains officiels gouvernementaux, plus pessimistes assuraient que même si l’Etat venait à ne plus rien devoir à Eneo, l’énergéticien ne parviendrait pas à payer ses factures auprès de ses fournisseurs tant sa trésorerie est au plus mal. En effet, À fin 2022, le déficit de trésorerie d'Eneo a atteint 113 milliards de FCFA, son ratio de fonds propres sur total du bilan avait reculé à 7,4 %, et sa dette caracolait à 700 milliards de FCFA, la moitié étant due aux fournisseurs.

La publication de ces chiffres sur les performances au premier semestre de la société intervient au moment où des négociations sont en cours pour la renationalisation du concessionnaire. Actuellement en arbitrage à la présidence de la République, les montants avancés par les sources autorisées parlent de désaccords sur le montant de ticket de sortie qui, après évaluation par KPMG France pour le compte du gouvernement, se situe à 80 milliards de FCFA ; et entre 100 et 125 milliards de FCFA pour le fonds d’investissements.

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