Le Tchad négocie avec le groupe nigérian Greenville LNG pour approvisionner en gaz naturel liquéfié (GNL) sa centrale thermique de 40 MW à N’Djamena, dont la mise en service était initialement attendue pour fin août 2026. Une délégation conduite par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Passalé Kanabé Marcelin, a séjourné au Nigeria du 15 au 18 octobre afin d’évaluer les capacités industrielles et logistiques de l’entreprise. Lancée officiellement le 8 juin 2026 dans la zone industrielle de Farcha, l’infrastructure est réalisée par Sonelgaz International, filiale du groupe énergétique public algérien Sonelgaz. Selon les autorités tchadiennes, la mission vise à sécuriser l’approvisionnement en combustible de cette installation et à examiner « la possibilité de déployer de nouvelles centrales à gaz, dans le cadre d’un partenariat avec le Groupe Green Ville-LNG ».
Pour évaluer la faisabilité de cette option, la délégation a visité trois installations du groupe à Kaduna, Port Harcourt et Maiduguri, où elle a notamment observé les procédés de transformation du gaz brut en GNL et les capacités de stockage. Le modèle de Greenville LNG repose sur la liquéfaction du gaz naturel, puis son acheminement par camions-citernes vers les sites de consommation. Selon les données communiquées par les autorités tchadiennes, l’entreprise pilotee par le Belge Eddy Van den Broeke dispose de plus de 800 citernes et approvisionne les sites visités à raison de huit citernes par jour. Sa première phase industrielle, située à Rumuji, dans l’État nigérian de Rivers, près de Port Harcourt, affiche une capacité annoncée de 2 250 tonnes de GNL par jour.
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Pour le Tchad, pays qui fait face comme de nombreux pays d’Afrique subsaharienne à des défis d’infrastructures, cette solution pourrait permettre de contourner, à court terme, les investissements nécessaires à la construction d’un gazoduc transfrontalier. Elle suppose toutefois de définir les volumes livrables, les coûts logistiques et les modalités contractuelles, ainsi que de disposer à N’Djamena des équipements nécessaires à la réception, au stockage et à la regazéification du combustible.
L’enjeu est d’autant plus important que le calendrier initial du projet prévoyait une mise en service à la fin août 2026. À la suite d’une visite du chantier effectuée le 20 juillet, les pourvoirs publics avaient annoncé l’achèvement des travaux et du raccordement au réseau électrique pour la fin de ce mois. La mission engagée au Nigeria en octobre intervient donc après cette échéance prévisionnelle, sans qu’une nouvelle date de mise en service ait été communiquée dans les informations disponibles. La recherche d’un fournisseur de gaz constitue ainsi un enjeu opérationnel. À ce stade, aucune signature de contrat ni aucun calendrier d’approvisionnement n’ont été annoncés.
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Cette démarche s’inscrit néanmoins dans une dynamique régionale où le gaz devient un enjeu croissant pour la production électrique et l’activité industrielle. Au Cameroun, des médias ont rapporté environ trois mois auparavant que des industriels de Douala envisageaient de recourir à Greenville LNG pour faire face aux difficultés d’approvisionnement en gaz. Au Tchad, la recherche d’une solution extérieure intervient dans un contexte où les installations gazières associées à des opérateurs comme Perenco et CNPC répondent notamment aux besoins de leurs propres activités industrielles, selon les informations disponibles. Déjà actif au Nigeria, Greenville LNG pourrait ainsi élargir ses débouchés à d’autres pays africains, notamment en Afrique centrale, avec des perspectives sur le Burkina Faso et le Bénin.







