Le 17 novembre dernier à Niamey, le Tchad et le Niger ont renouvelé leur convention d’approvisionnement en carburant, à l’issue d’une cérémonie tripartite ayant réuni l’Autorité de régulation du secteur pétrolier aval du Tchad (ARSAT), la Société nigérienne d’exploitation du pétrole (SONIDEP) et la Banque BSIC Tchad. L’accord a été signé sous la supervision des ministres du Pétrole des deux pays. Selon le ministère tchadien du Pétrole, cette démarche « consolide les engagements pris lors de la Commission mixte Tchad-Niger du 28 octobre dernier à N’Djamena et augure des perspectives encourageantes (…) concernant la feuille de route du projet de pipeline Niger-Tchad-Cameroun ».
Ce renouvellement intervient dans un contexte de fortes tensions d’approvisionnement au Tchad, liées à la faible capacité de transformation locale. La raffinerie de Djermaya, exploitée conjointement par l’État et CNPC, ne tourne qu’à 27 % de sa capacité nominale, soit environ 5 400 b/j sur les 20 000 b/j prévus. Cette sous-performance chronique alimente les pénuries récurrentes, la volatilité des prix à la pompe — 730 FCFA/litre pour l’essence, 720 FCFA/litre pour le gasoil — et l’extension d’un marché noir où les carburants s’écoulent à 1 000 à 1 200 FCFA/litre selon les zones. L’ARSAT a récemment relevé des écarts tarifaires, des prix non conformes et des manipulations de volucompteurs, scellant 102 équipements lors d’opérations de contrôle menées en octobre 2025.
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Le choix du Niger s’explique par sa capacité excédentaire. La raffinerie de Zinder, installée à Ollelewa, dispose d’une capacité de 20 000 b/j, pour une consommation intérieure estimée à 7 000 b/j. Les deux tiers de sa production sont donc orientés vers l’exportation, notamment vers le Tchad et le Mali. À partir de fin 2025, la mise en service de la nouvelle raffinerie de Dosso, conçue pour traiter jusqu’à 100 000 b/j, renforcera davantage le rôle du Niger comme fournisseur incontournable de produits pétroliers dans la sous-région.
Pour N’Djamena, cet accord constitue une réponse immédiate aux tensions de marché, mais aussi un levier pour assainir un secteur aval fragilisé par les irrégularités, les ruptures périodiques et les trafics illicites. L’implication de la BSIC vise par ailleurs à sécuriser les opérations financières et logistiques d’importation.
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