Au Tchad, le gouvernement veut porter la production pétrolière nationale à 250 000 barils par jours (b/j) d’ici 2030. Cela indique que les opérateurs devraient, dans les cinq prochaines années, ajouter environ 102 000 b/j de brut supplémentaires pour relever de 69% la capacité actuelle du pays qui est de 148 000 barils depuis 2024, selon les autorités. L’ambition est contenue dans le nouveau programme de développement gouvernemental « Tchad Connexion 2030 » qui vise à consolider le rôle stratégique du secteur extractif dans l’économie nationale.
Pour atteindre cet objectif, N’Djamena entend mobiliser 2 milliards de dollars américains (soit 1 128 milliards de Fcfa) d’investissements étrangers dans son secteur extractif (mines et pétrole). Si le document officiel ne précise pas encore les mécanismes de mobilisation ni les institutions financières ciblées, les autorités ont annoncé la tenue d’une table ronde à Abou Dhabi en novembre prochain pour financer l’ensemble du plan. Celui-ci prévoit notamment l’attribution de nouveaux permis d’exploration pétrolière, le renforcement des campagnes d’exploration, la construction d’infrastructures gazières et la mise en service du champ de Sédigui dans la région du Kanem frontalière au Niger, en partenariat avec le privé. Vaste de près de 30 km2, les serves prouvées d’or noir de ce champ sont estimées à plus de 45 millions de barils de pétrole brut et à 7 milliards m3 de gaz naturel. Le gouvernement envisage également la construction d’une deuxième raffinerie privée, qui porterait les capacités nationales de raffinage de 20 000 à 40 000 barils par jour.
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L’exécutif estime que cette stratégie devrait permettre d’atteindre l’autosuffisance énergétique, d’accroître les recettes budgétaires et de soutenir l’industrialisation. Le secteur extractif, qui ne représentait que 1 % du PIB en 2023, devrait ainsi contribuer à hauteur de 5 % d’ici 2030, avec un rôle renforcé du pétrole et une diversification progressive vers le gaz et les minerais. Cette dynamique devrait aussi soulager la consommation locale, aujourd’hui confrontée à des pénuries récurrentes de carburant qui entretiennent des tensions sur les prix à la pompe.
Le Tchad, qui revendique à ce jour 1,5 milliard de barils de réserves prouvées, produit du pétrole depuis 2003, année de mise en service de l’oléoduc Tchad-Cameroun. Mais le pays reste confronté à une forte dépendance aux majors pétrolières et à la volatilité des prix mondiaux, ce qui confère au programme « Tchad Connexion 2030 » une dimension stratégique pour son avenir énergétique. En 2024, la production nationale est estimée à 6,7 millions de tonnes, principalement assurée par le géant chinois CNPC (5 millions de tonnes), le français Perenco, présent depuis 2022, ainsi que d’autres opérateurs privés ayant pris le relais après le retrait d’ExxonMobil.
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