Les Chinois fabriquent de la fausse monnaie dans la capitale économique du Cameroun. L'information a fait le tour des médias il y a deux semaines, après que la Gendarmerie nationale a démantelé le 8 juin 2026 un atelier clandestin de fabrication de faux billets et de fausses pièces de monnaie géré par des ressortissants Chinois. La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) se veut rassurante face à la recrudescence des affaires de fausse monnaie dans la sous-région. Dans une interview accordée au journal gouvernemental Cameroon Business Today, son gouverneur, Yvon Sana Bangui, qualifie la contrefaçon de « crime économique grave », tout en assurant qu'elle demeure « marginale » et ne constitue pas une menace pour la stabilité du franc CFA. À fin avril 2026, « le Laboratoire d'analyse des contrefaçons de la BEAC avait recensé 16 639 billets contrefaits sur un volume de près de 847,5 millions de billets authentiques en circulation », précise-t-il.
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Selon le gouverneur, cela représente 19 billets contrefaits pour un million de billets en circulation, un niveau largement inférieur au seuil de vigilance généralement retenu à l'échelle internationale, fixé autour de 100 billets par million. Autrement dit, 99,998 % des billets de francs CFA en circulation dans les six pays de la CEMAC sont authentiques. « Ce phénomène reste marginal et ne peut constituer une menace pour la stabilité de notre monnaie », insiste Yvon Sana Bangui.
Sécurité
La BEAC dit investir an permanence pour dans les technologies les plus avancées afin de renforcer la sécurité des billets et des pièces qu’elle met en circulation. C’est peut-être la raison pour laquelle la fabrique de fausses pièces de 500 FCFA démantelée à Douala n’était constituée que des pièces de la gamme mise en circulation en 1985, selon le Gouverneur de la BEAC pour qui lesdites pièces sont progressivement retirées de la circulation. Il vante d’ailleurs la qualité des nouvelles coupures de billets de banque et les nouvelles pièces de monnaie, «qui sont dotées de dispositifs de sécurité répondant aux standards les plus exigeants en matière d’émission monétaire», précise Yvon Sana Bangui.
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Il faut néanmoins préciser que la fabrication de la fausse monnaie de Douala récemment aurait pu injecter dans le circuit financier de l’Afrique centrale plus de 2 millions de FCFA. Car la perquisition du lieu a permis de saisir, des liasses de faux billets de 10 000 FCFA d’un montant de 400 000 FCFA, des pièces de monnaies de 500 FCFA, d’une valeur estimée à 1,8 millions de FCFA.
La BEAC combat activement la contrefaçon monétaire en zone Cemac, où plus de 1,6 milliard de FCFA en faux billets de type 2020 ont été interceptés entre 2023 et 2025. Face à la multiplication des démantèlements de réseaux de faux-monnayeurs à Douala et Maroua au Cameroun, Bangui en RCA ou Ebebiyin en Guinée équatoriale, la Banque centrale a renforcé ses dispositifs de sécurité, rapporte la presse.
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Une application mobile dédiée permet désormais aujourd’hui aux usagers d'authentifier les billets de la gamme 2022 et de géolocaliser les signalements suspects. Il s’agit notamment de l’application mobile BEAC NG2020, disponible sur App Store, Google Play et sur le site officiel de l’institution. Comme en septembre 2025, la Banque centrale invite « sa clientèle institutionnelle et le public, qui constituent les premières barrières contre la fausse monnaie, à la plus grande vigilance ».

