Le Gabon passe à l’action face aux tensions croissantes sur les réserves de change de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Dans un communiqué publié mercredi, le gouvernement gabonais a instruit « de façon ferme et définitive » la Gabon Oil Company (GOC) et l’ensemble de ses filiales de procéder au rapatriement immédiat et intégral des fonds de restauration des sites (fonds RES) détenus à l’étranger en dollars américains.
Selon les autorités, ces avoirs représentent 270 millions de dollars, soit environ 151,7 milliards FCFA au 31 décembre 2025, et seront destinés au renforcement des réserves en devises de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Le gouvernement précise par ailleurs que les autres acteurs internationaux du secteur extractif opérant au Gabon pourront également, conformément aux accords conclus avec la BEAC, rapatrier les fonds RES déjà constitués au bénéfice de la zone CEMAC.
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Le communiqué, signé par le nouveau ministre de l’Économie et des Finances, Thierry Minko, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à contribuer à la stabilisation macroéconomique régionale, alors que les équilibres financiers de la sous-région se fragilisent.
Un contexte régional sous tension
Cette décision intervient à la veille d’un sommet extraordinaire des chefs d’État de la CEMAC, convoqué ce 22 janvier à Brazzaville par le président congolais Denis Sassou N’Guesso, président en exercice de la Conférence des chefs d’État. L’objectif affiché est d’identifier des mesures urgentes de redressement face à la dégradation de la situation économique, financière et monétaire de la sous-région.
Réunis en amont du sommet, les ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC) ont dressé un constat préoccupant. Ils soulignent notamment une chute de 1 335,7 milliards FCFA des réserves de change entre mars et novembre 2025, sur fond de politiques budgétaires expansionnistes, de faible transparence des finances publiques et d’un déficit de coordination régionale.
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Selon leurs projections, les comptes publics et extérieurs de la CEMAC pourraient continuer de se détériorer en 2026. Le déficit budgétaire agrégé est attendu à –3,1 % du PIB, contre –2,9 % en 2025, tandis que le déficit courant atteindrait –1,5 % du PIB. « À moyen terme, les services de la BEAC projettent, dans un scénario pessimiste mais jugé plus probable, une poursuite de la dégradation des comptes publics et extérieurs », avertissent les ministres.

