Le gouvernement camerounais a transmis mercredi à l’Assemblée nationale le projet de loi de finances pour l’exercice 2026, le premier budget du nouveau mandat du président Paul Biya. L’enveloppe globale s’élève à 8 816,4 milliards FCFA, en progression de 14 % (1 085,5 milliards FCFA) par rapport à 2025, traduisant une montée en puissance des ambitions budgétaires affichées pour le début du septennat.
Selon le document officiel, les recettes internes sont projetées à 5 887 milliards FCFA, soit 452 milliards de plus qu’en 2025. Elles proviennent principalement des recettes fiscales et douanières, attendues à 4 889,5 milliards FCFA, tandis que les recettes pétrolières et gazières atteindraient 523,7 milliards FCFA. Les recettes non fiscales sont estimées à 400 milliards FCFA, et les dons à 73,8 milliards FCFA.
Les dépenses publiques hors principal de la dette sont fixées à 6 210,5 milliards FCFA, en hausse de 10 %. Elles se répartissent entre 1 625,4 milliards FCFA de dépenses de personnel, 1 206 milliards FCFA pour les biens et services, 820,3 milliards FCFA de transferts et subventions, 532,5 milliards FCFA d’intérêts de la dette, et 2 026,3 milliards FCFA de dépenses d’investissement. Ce dernier poste représente 22,8 % du budget total, un niveau en léger recul par rapport à 2025.
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Le projet de loi présente un déficit global de 631 milliards FCFA, en nette dégradation par rapport aux 309,9 milliards enregistrés en 2025. En ajoutant l’amortissement de la dette intérieure et extérieure, évalué à 1 870,6 milliards FCFA, les paiements d’arriérés pour 498,8 milliards FCFA, et les remboursements de crédits TVA estimés à 84 milliards FCFA, le besoin de financement total pour l’année 2026 s’élève à 3 104,2 milliards FCFA, contre 2 326,5 milliards en 2025.
Pour couvrir ce besoin, le gouvernement prévoit de mobiliser plusieurs sources : les tirages sur prêts-projets devraient atteindre 826,7 milliards FCFA, les émissions de titres publics 400 milliards FCFA, et les financements bancaires 589,7 milliards FCFA. Les appuis budgétaires sont attendus à 120 milliards FCFA, les financements exceptionnels à 167,8 milliards FCFA, tandis qu’un volume d’1 000 milliards FCFA d’emprunts extérieurs est inscrit dans le schéma de financement.
Le texte introduit par ailleurs plusieurs innovations budgétaires, dont la suppression des chapitres communs, une nouvelle présentation des budgets de certaines institutions, l’application intégrale de la nomenclature budgétaire rénovée, ainsi que la scission du Fonds de reconstruction des régions affectées par les conflits en deux mécanismes distincts. Point phare du projet : la création d’un Fonds spécial de 50 milliards FCFA dédié à l’autonomisation économique des femmes et à la promotion de l’emploi des jeunes, conformément aux engagements formulés par Paul Biya lors de sa prestation de serment.
Les perspectives macroéconomiques soutenant ce budget tablent sur une croissance nationale de 4,3 % en 2026, dopée par le secteur non pétrolier, tandis que l’inflation devrait se replier à 3 %, après 3,2 % en 2025. Le gouvernement affirme que ce budget vise à concilier consolidation des finances publiques, respect du pacte de convergence de la CEMAC et mise en œuvre des priorités de la Stratégie nationale de développement 2030 (SND30).
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