Le Cameroun s'apprête à emprunter 235,5 millions d'euros (154,4 milliards de FCFA)à l’étranger pour construire le premier lot de la phase 2 de l'autoroute Yaoundé-Nsimalen (12,3 km), également appelée « Section urbaine ». En effet, par un décret signé le 18 novembre 2025, le président de la République, Paul Biya, a autorisé le ministre de l’Économie à signer deux accords de financement avec la MUFG Bank Londres. Le premier prêt d’un montant de 207,9 millions d’euros (136,3 milliards de FCFA) sera contracté sous forme de ‘’crédit acheteur’’. Le second va être mobilisé auprès de la même banque britannique à hauteur de 27,6millions d’euros (18,1 milliards de FCFA) sous forme de ‘’crédit commercial’’ ;ce qui suppose un taux d'intérêt plus élevé et une durée de remboursement plus courte.
Bien que les accords de prêt attendent encore la signature, le décret présidentiel d'habilitation vient pour ainsi dire, donner un signal fort pour la concrétisation de ce projet dont la première pierre a été posée le 18 décembre 2023 par la ministre de l’Habitat et du développement urbain (Minhdu), Célestine Ketcha Courtès. Selon des informations exclusives obtenues auprès de ce département ministériel, la plupart des goulots d'étranglement étaient levés avant juillet 2025 : les rapports d'études d'avant-projet, d'impact environnemental et social, ainsi que les contrats d'entreprises, étaient déjà finalisés, décret portant classement au domaine public artificiel des terrains, etc. Le seul point encore en suspens était la finalisation des Plans d'Action de Réinstallation des populations affectées(PAR), confiée aux cabinets RINA (pour le lot 1) et ARTELIA (pour les lots 2 et3).
Explosion des coûts des travaux
Concernant le volet financement et exécution du projet de la section urbaine de l'autoroute Yaoundé-Nsimalen, le consortium constitué des entreprises BUNS (Cameroun) et Razel (France) a remporté le marché pour un montant initial de 379,5 milliards de FCFA. Cependant, le budget prévisionnel de l'infrastructure a été revu à la hausse. Selon des sources au Minhdu, le coût est passé à 409,2 milliards FCFA soit une augmentation de 29,7 milliards, tandis que le Programme d’Investissement Prioritaire (PIP) annexé au Document d’Orientation Budgétaire(DOB) table même sur 434 milliards de FCFA, représentant une hausse totale de 54,5 milliards de FCFA par rapport au montant initial.
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A l’origine de cette révision des coûts, le Minhdu cite entre autres : « l’inflation des prix des travaux de construction entre 2014 (date à laquelle le BET Louis Berger avait procéder à l’évaluation financière du coût des travaux) et 2022 ; la hausse de la provision pour le déplacement des réseaux des concessionnaires, suite à la saisine des concessionnaires en 2022 et leurs relances en 2024, pour la transmission de leurs offres pour le déplacement de leurs réseaux ; la provision pour les expropriations et les compensations ; certaines exigences des bailleurs sur les aspects environnementaux et sociaux (EIES, PAR, audits externes, etc….)
Pour rappel, le projet a été subdivisé en trois lots : lot 1(Échangeur Ahala – Carrefour 3 Statues) attribué à BUNS pour un coût estimé à 153,1milliards de FCFA. Les lots 2 et 3 (Carrefour 3 Statues – Poste Centrale) et Sous-préfecture Tsinga ont été affectés à Razel pour un montant de 256 milliards de FCFA. La même source fait savoir que l'offre de MUFG Bank de Londres, sous la garantie de UKEF (l'agence britannique de crédit à l'exportation), a été validée par le MINEPAT pour le financement du Lot 1. De l’autre côté, l'offre de NATIXIS, sous la garantie de la Banque Publique d’Investissement de France(BPI France), pour les Lots 2 et 3, a été actualisée et transmise au Minepat pour la suite de la procédure de mise en place définitive du financement.
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