« Est élu, à la majorité absolue des suffrages exprimés, avec 575 222 voix, soit 90,35 %, Monsieur Brice Clotaire Oligui Nguema », a déclaré Hermann Immongault, ministre gabonais de l’Intérieur et de la Sécurité, lors de la présentation des résultats provisoires de l’élection présidentielle, ce 13 avril 2025. Le général Brice Clotaire Oligui Nguema devient ainsi président de la République du Gabon, à l’issue du scrutin du 12 avril. Candidat indépendant sous la bannière de la plateforme politique Le Rassemblement des Bâtisseurs (RDB), le successeur d'Ali Bongo a raflé en moyenne 90 % des suffrages dans les neuf régions du pays, et 78,87 % à l’international.
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Son principal challenger, Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre du président déchu, arrive loin derrière avec seulement 3,02 % des voix. Joseph Lapensée Essingone complète le podium avec 0,56 %. Étant donné l’ampleur de l’écart, aucun second tour n’est prévu. En effet, selon l’article 185 du nouveau Code électoral gabonais, promulgué le 19 janvier 2025, « le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour, un second tour est organisé quatorze jours après l’annonce des résultats ». En attendant leur validation par la Cour constitutionnelle, Brice Clotaire Oligui Nguema est donc le nouveau président de la République, pour un mandat de sept ans, renouvelable une fois.
Les cinq autres candidats n’ont pas dépassé la barre des 1 % des suffrages : 0,13 % pour Axel Stophène Ibinga Ibinga, 0,33 % pour Stéphane Germain Iloko Boussengui, 0,32 % pour Alain Simplice Boungoueres, 0,09 % pour Thierry Yvon Michel Ngoma et 0,38 % pour Zenaba Gninga Chaning, seule femme parmi les prétendants.
Vers une transformation structurelle du pays
Militaire âgé de 50 ans, Clotaire Oligui Nguema a réussi le pari de revenir au Palais du Bord de mer en tant que président démocratiquement élu, après avoir dirigé la transition pendant 18 mois. Pour mémoire, il avait pris le pouvoir le 30 août 2023 à la faveur d’un coup d’État, mettant fin aux 14 années de règne d’Ali Bongo Ondimba. De président de la junte, il devient désormais président élu.
Son mandat s’ouvre avec de lourdes attentes, dans un pays confronté à de nombreux défis : chômage élevé, accès inégal à l’eau et à l’électricité, réseau routier dégradé, insuffisance des transports publics, et une dette publique représentant 73,3 % du PIB en 2024.
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Durant la campagne présidentielle, Brice Oligui Nguema a défendu un projet de société articulé autour d’une « transformation structurelle du pays ». Son programme promet notamment une diversification économique, une amélioration des infrastructures et un renforcement de la justice sociale. « Il est temps de rompre avec une économie de rente fondée sur les hydrocarbures. Nous avons trop longtemps misé sur une seule ressource. Le temps est venu de diversifier nos forces et de produire davantage localement », a-t-il déclaré lors d’un meeting à Ntoum.
Le bilan de la transition qu’il a menée est mis en avant comme un socle : 1 960 km de routes construits ou réhabilités, 26 900 emplois publics créés, 1 300 étals installés dans les marchés, 1 000 logements sociaux livrés, 196 salles de classe réhabilitées, sans oublier la modernisation des infrastructures hospitalières. Sur le plan économique, Oligui Nguema a récupéré dans le giron public plusieurs actifs stratégiques : Assala Energy, Tullow Oil et SMP, désormais repris par la Gabon Oil Company, ainsi que la Société nationale des bois du Gabon (SNBG).
Il est aussi à l’initiative de la création de la compagnie Fly Gabon, du lancement de la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG), dotée d’un fonds de microcrédit de 20 milliards FCFA.

