Au Gabon, l’entreprise turque KarPowerShip (KPS) a entamé le remplacement de ses usines flottantes de production d’électricité pour augmenter ses capacités de 10 MW, a annoncé le ministère de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Électricité (MAUEE) vendredi. Selon le communiqué public, l'interruption temporaire des groupes de production électrique de ces centrales à Libreville est prévue du 1ᵉʳ au 21 août 2025. Cette opération a pour but de déconnecter les deux unités flottantes de 70 MW actuellement en service et de les remplacer par un nouveau navire de 150 MW. Le gouvernement a précisé que cette initiative est coordonnée avec l'opérateur KPS pour « minimiser les désagréments liés à cette opération exceptionnelle ».
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Cette interruption programmée est la concrétisation de l'accord de principe signé le 8 mai 2024 entre le président Brice Clotaire Oligui Nguema et KarPowership International. Elle vise à remplacer les 140 MW de puissance existante par une nouvelle centrale « prête à opérer » de 150 MW, augmentant ainsi la capacité de production de 10 MW pour le Grand Libreville et ses environs. La solution, attendue pour renforcer la desserte en électricité et résorber les problèmes de délestage, s’inscrit dans la politique de l’État gabonais pour faire face à une crise énergétique persistante.
Pour pallier les désagréments durant cette période de transition, le ministère affirme que la Société d’eau et d’électricité du Gabon (SEEG), l'operateur public du secteur, a mis en place un dispositif technique garantissant une production quotidienne de 228 MW, soit une marge de 3 MW par rapport à la demande maximale actuelle estimée à 225 MW. Cette capacité renforcée devrait permettre de maintenir un service stable, les autorités ayant souligné l'urgence de la situation et les efforts déployés pour assurer la continuité de la fourniture d’énergie.
Rappelons que l'arrivée de KarPowerShip au Gabon a été marquée par une longue période de tensions. Alors que l'ancien fournisseur, Aggreko, avait cessé ses services en raison de factures impayées, le contrat avec l'entreprise turque a été l'objet de vives polémiques, notamment sur son coût d'exploitation initial de 15 milliards de Fcfa par mois pour 150 MW. Un accord renégocié et entériné le 15 février 2025 a finalement permis le raccordement de la centrale pour une puissance réduite à 70 MW et un coût mensuel de 1,8 milliard de Fcfa, soulageant les finances du pays de 12,2 milliards de Fcfa par mois. Ce nouvel investissement de 150 MW vient donc en remplacement d'une première phase, toujours dans l'urgence, pour pallier le déficit énergétique chronique du Gabon.
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