Le 15 février dernier, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) a officiellement entériné un accord avec la société turque Karpowership pour le raccordement immédiat de ses centrales thermiques flottantes au réseau électrique du Grand Libreville. Selon un communiqué de la SEEG, ces installations doivent injecter 70 MW d’électricité dès leur mise en service. Les travaux de raccordement ont débuté le même jour par des essais et réglages des équipements, entraînant des perturbations électriques entre 07h30 et 15h30 dans plusieurs quartiers de Libreville.
Cet accord, finalisé après de longs mois d’attente, s’inscrit dans le cadre des mesures d’urgence exigées par le président de la transition Brice Clotaire Oligui Nguema, soucieux d’endiguer la crise énergétique qui paralyse le pays. Sa validation marque la fin d’un bras de fer entre la SEEG et l’entreprise turque, une bataille ponctuée de menaces de rupture de contrat et de vives polémiques autour de ce marché estimé à 1 000 milliards de Fcfa (installation et exploitation).
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Controverse
Conclu pour une durée de cinq ans et censé ajouter 150 MW à la capacité énergétique du Gabon, ce projet a en effet longtemps fait l’objet de vives critiques. L’ancien fournisseur d’électricité, le britannique Aggreko, avait cessé ses services en raison de factures impayées de 15 milliards de Fcfa, plongeant le pays dans une impasse énergétique. Mais l’arrivée de Karpowership ne s’est pas faite sans heurts : le coût d’exploitation jugé excessif (13 milliards de Fcfa par mois), des incertitudes sur l’approvisionnement en gaz et des soupçons de pots-de-vin ont alimenté le scepticisme des autorités de Libreville.
Face aux accusations, Karpowership a tenté de rassurer l’opinion. « Le contrat a été négocié dans un cadre rigoureux impliquant trois ministères, leurs avocats et les experts de la SEEG. Toute implication dans de telles pratiques [corruption et tromperie] mettrait en péril non seulement nos projets au Gabon mais aussi à travers le monde », a déclaré un porte-parole de l’entreprise le 5 février dernier. Et de souligner la flexibilité des centrales flottantes, affirmant qu’elles pourraient être converties en unités terrestres dès que des pipelines à gaz seront disponibles.
Dans sa quête de solutions immédiates, le gouvernement gabonais a également relancé un accord signé en juillet 2023 pour l’achat de 10 MW d’électricité auprès de la Guinée Equatoriale, destiné à alimenter le nord du pays. D’autres mesures d’urgence ont été mises en œuvre, notamment le déploiement de 6 300 lampadaires solaires et l’installation de deux groupes électrogènes d’une capacité respective de 1 200 kW et 640 kW.
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