L’entreprise turque Karpowership International et le général Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la Transition au Gabon, ont signé le 8 mai dernier un accord de principe pour l’arrivée dans les prochaines semaines d’une centrale électrique flottante à Libreville. Le montant du projet d’achat de cette centrale n’a pas été révélé mais les sources médiatiques informent qu’il sera réalisé sur les fonds de l’entreprise. Ali Hjaiej, vice-président de Karpowership International, a déclaré à la presse que l’investissement pour ce projet viendrait de Karpowership. « Notre directeur général, propriétaire de Karpowership International, a promis d’investir de son temps et de ses moyens pour faire de ce projet un vrai succès », a-t-il indiqué au sortir d’une audience avec le président gabonais.
L’entreprise créée en 2010 vend des kilowattheures aux opérateurs électriques nationaux grâce à des centrales duales (gaz et fioul lourd) construites sur des bateaux et « capables de se connecter à n’importe quel réseau électrique et sur n’importe quel pipeline gazier ». Ce modèle de centrale « prête à opérer » devrait être livrée dans 3 mois et viendra renforcer la desserte en électricité de Libreville et ses environs afin de résoudre les problèmes de délestage qui sévissent depuis février dans la capitale gabonaise. Cette solution devrait également être déployée à Port-Gentil après que la première centrale soit installée et mise en service par l’Etat gabonais pour le compte de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG).
Près de 850 MW en opération sur le continent
À ce jour, Karpowership possède près de 850 MW en opération en Afrique. Entre 2018 et 2023, la compagnie stambouliote a fourni 26 % de l’électricité produite au Ghana (480 MW), 10 % de celle du Mozambique (45MW), 80 % de celle de la Gambie (30 MW) et de la Sierra Leone (30 MW) et 10 % de l’énergie du Soudan (150 MW). En Zambie, pays pourtant enclavé, la compagnie a ajouté 100 MW supplémentaires au réseau entre mars 2016 et mars 2018 par le biais du réseau mozambicain et zimbabwéen. En 2019, l’entreprise a signé deux contrats en Guinée-Bissau, le premier d’un an et l’autre de cinq ans pour 17 MW et 30 MW. Arrivé à terme en 2023, le pays de Mamadi Doumbouya songe à nouveau à l’option des centrales flottantes pour pallier les délestages, d’après des sources médiatiques. En 2022, c’était autour de la Côte d’Ivoire de contracter une centrale électrique au gaz flottante d’une capacité de 200 MW auprès de la société turque.
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Pour rappel, en janvier 2021, le Premier ministre camerounais Joseph Dion Ngute a reçu en audience des responsables de la société turque Karpowership. Au Cameroun, la société négociait un contrat auprès du Port autonome de Douala (PAD) qui gère 90% du trafic portuaire national, en lui proposant un de ses navires pour l’alimentation en électricité de la zone portuaire de Douala-Bonabéri. Elle proposait le kilowattheure (kWh) à 40 Fcfa (0,061 euro) avec des navires dotés des capacités énergétiques modulables de 30 à 470 MW. A date, aucune communication sur l’avancement des discussions n’est faite.









