Le contrat entre l’Etat gabonais, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (Seeg) et la société turque Karpowership, portant sur l’installation de centrales thermiques flottantes a été signé. La société patrimoine gabonaise et les responsables turques ont émargé, le 15 février dernier, cet accord après des mois de réflexions et de renégociations. « C'est avec une grande joie que nous nous réunissons aujourd'hui pour fêter ensemble le succès de ce projet. Nous sommes au Gabon pour donner une réponse imminente », a exprimé Ali Jaiej, directeur des opérations de Karpowership.
Lire aussi : Gabon : après 9 mois de tension, la SEEG accélère le raccordement aux centrales flottantes de Karpowership
Lors de la signature de la convention, les autorités de la transition ont annoncé que les clauses du contrat tablent sur une puissance de 70 MW pour un versement de 1,8 milliard de Fcfa (près de 3 millions de dollars) chaque mois. « Le protocole d'accord signé n'engage la Seeg qu'à hauteur de 1,8 milliard de Fcfa par mois, non plus 14 milliards de Fcfa », a précisé Akure-Davain, nouveau ministre de l’Energie du Gabon. En effet, le premier contrat, jugé défavorable pour la partie gabonaise, stipulait que la société turque fournirait 150 MW à ce pays d’Afrique centrale pour une rémunération mensuelle de 15 milliards de Fcfa sur 5 ans. Avec ces nouvelles orientations, le pays recevra 80 MW en moins en faisant des économies de l’ordre de 12,2 milliards de Fcfa.
« À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle »
Le contrat renégocié apporte un vent d’espoir aux populations gabonaises en proie à une crise énergétique depuis plusieurs mois. La signature a été matérialisée par le raccordement immédiat de la Seeg aux 2 centrales déjà présentes sur les eaux gabonaises, portant à 110 MW la capacité énergétique installée dans le pays. Cependant, la nouvelle convention précise que ce montant ne prend pas en compte le carburant -qui revient à la charge du Gabon- et qu’en cas de retard de paiements, Karpowership pourrait prendre le contrôle de la Seeg. Des contraintes auxquelles l’Etat s’est aligné en raison de l’urgence de la situation. « À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle ! Karpowership s'engage à fournir le gap qui nous permet d'atteindre un niveau stable et nous nous inscrivons dans une démarche de long terme pour une meilleure qualité. Nous sommes heureux de contribuer à l'essor du pays », a réagi le ministre.
Tenant compte de l'importance de cette initiative pour améliorer la situation énergétique du pays, il faut tout de même souligner que le risque financier est non négligeable. Le Gabon se retrouve plongé dans un déficit énergétique chronique depuis fin 2023 du fait d’impayés de factures auprès de son ancien fournisseur. Le britannique Aggreko a, après 20 ans de collaboration, mis un terme au contrat de vente à cause d’impayés de 15 milliards de Fcfa. A date, la Seeg peine encore à solder les 2 milliards manquants pour rentrer en pleine possession du gazoduc de Port-Gentil, afin de le mettre à la disposition de son nouveau fournisseur.
Lire aussi : Gabon : le turc Karpowership International va implanter une centrale électrique flottante à Libreville



