Deux ans après le changement de propriétaire de la Sucrerie Africaine du Gabon (Sucaf), devenue Les Sucreries du Gabon, la relance de la filière sucrière peine encore à se traduire dans les chiffres. À fin mars 2026, l'activité industrielle du secteur a reculé de 25,3 %, selon la Direction générale de l'Économie et de la Politique fiscale (Dgepf), malgré les investissements engagés par le repreneur turc MFB International.
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Après le rachat de Sucaf par l'État gabonais, c'est en avril 2024 que MFB International avait repris 90 % des actions des Sucreries du Gabon, ancienne filiale de Somdia, à travers sa filiale MFB Gabon. L'opération devait notamment permettre de préserver l'outil industriel, de sécuriser l'approvisionnement du marché et de relancer la production.
Une production toujours sous pression
Les premiers résultats avaient toutefois rapidement révélé l'ampleur du défi. Au 31 décembre 2024, la production de sucre transformé s'est établie à 14 640 tonnes, en baisse de 21,2 % sur un an. La Dgepf explique ce recul par le démarrage tardif de la campagne et la « nécessité pour le nouvel opérateur de se familiariser avec les caractéristiques agronomiques des plantations et les procédés industriels existants ».
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Le déficit de production a été compensé par un recours massif aux importations. Le Gabon a acheté 22 074 tonnes de sucre en 2024, contre 7 056 tonnes un an plus tôt, soit une hausse de 212,8 %. Le volume importé dépassait ainsi, pour la première fois, celui produit localement. Pour inverser la tendance, les Sucreries du Gabon avaient annoncé, en juillet 2025, un objectif de production compris entre 25 000 et 30 000 tonnes pour la campagne 2025/2026. L'entreprise avait alors investi 5,3 milliards de FCFA dans de nouvelles machines et la préparation de la campagne, avec notamment l'installation d'une unité de conditionnement à Libreville, au port d'Owendo.
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Mais contrairement aux attentes, la production a enregistré des baisses successives, avec un recul moyen de 20 % d'un mois à l'autre et un pic de -37 % à fin septembre 2025, selon les données compilées par la Dgepf. Cette faiblesse de l'offre pèse sur le marché, entretenant l'inflation ressentie depuis mai 2024, lorsque le ministère du Commerce dénonçait une distribution « chaotique » du sucre. En février 2026, l'Organisation gabonaise des consommateurs (OGC) alertait encore sur des pratiques de prix jugées abusives, certains marchés proposant le kilogramme de sucre à 1 500 FCFA, contre un prix homologué de 900 FCFA.
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