La deuxième session ordinaire du Parlement s'est ouverte au Gabon ce 1er septembre 2026. Après l'Assemblée nationale, la présidente du Sénat, Huguette Yvonne Nyana Ekoume épouse Awori Onanga, a salué les actions menées par le gouvernement, au rang desquelles la séparation de la Société d'eau et d'énergie (SEEG) en deux entités distinctes et indépendantes.
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Mais la patronne de la Chambre haute du Parlement a précisé que ces avancées ne sauraient occulter les défis socio-économiques qui persistent, synonymes des fortes et nombreuses attentes des populations. « La discussion du budget de la Nation constitue l'un des moments les plus importants de la vie démocratique de notre pays. Elle ne se résume pas à l'examen des chiffres, des recettes et des dépenses. Elle traduit les choix de société, fixe nos priorités et détermine, pour une large part, la capacité de l'État à répondre aux besoins de ses concitoyens. Nous ne devons jamais perdre l'essentiel : derrière chaque ligne budgétaire, il y a des femmes et des hommes, des familles, des travailleurs qui attendent de l'État des réponses concrètes », a-t-elle déclaré.
Pour la présidente du Sénat, les attentes de la population se résument aux emplois pour la jeunesse, à une amélioration des conditions de vie, à un système de santé « plus performant », à une école capable de préparer les générations futures, et à une économie offrant davantage d'opportunités. Au regard de ces nombreux défis, la parlementaire a exhorté l'équipe gouvernementale, pilotée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, à placer au premier plan les urgences socioéconomiques des populations, notamment la réhabilitation des infrastructures de base, l'amélioration des conditions de vie, l'accès aux services sociaux essentiels et l'optimisation des services publics sur l'ensemble du territoire, etc.
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Ces urgences signalées par la Chambre haute du Parlement gabonais sont corroborées par les données de la Banque africaine de développement (BAD) dans son rapport pays 2024. En 2023 par exemple, des taux élevés de pauvreté (34,3 %) et de chômage (21,5 %), combinés à d'importantes inégalités de revenu (indice de Gini de 0,38), maintenaient les fractures sociales dans un pays où le PIB par habitant, pourtant l'un des plus élevés d'Afrique, atteint 8 680,3 dollars. « Le taux de chômage déjà élevé est encore plus important chez les jeunes (38 %), surtout en raison de l'inadéquation entre l'offre et la demande de travail, et il touche deux fois plus les femmes », relève la BAD.
L'institution ajoute que l'importance des importations alimentaires (60 % de la consommation) contribue au coût élevé de la vie et menace la sécurité alimentaire du pays. Elle déplore également le déficit en infrastructures sociales de base, particulièrement en milieu rural.
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Pour rappel, le budget de l'exercice 2026 a été révisé à 5 495,2 milliards de FCFA dans la loi de finances rectificative, en hausse de plus de 1 000 milliards de FCFA par rapport à 2025. Au vu des nombreux défis soulevés par le Parlement, ce budget pourrait encore augmenter en 2027, notamment pour ce qui est de l'investissement public, qui a nettement baissé en raison de projets non maturés. La deuxième session ordinaire, ouverte ce 1er septembre, se refermera le dernier jour ouvrable de la troisième semaine du mois de décembre. Cette session est consacrée entre autres à l'examen des projets et propositions de loi, au contrôle de l'action gouvernementale et à l'évaluation de politiques publiques.
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