Le gouvernement gabonais table désormais sur un budget de 5 495,2 milliards FCFA pour l’exercice 2026, selon le projet de loi de finances rectificative présenté par le ministre des Finances lors du Conseil des ministres du 22 mai 2026. Cette nouvelle révision consacre une baisse de 13,6 % (-862,9 milliards FCFA) par rapport aux 6358,2 milliards FCFA initialement validés au Parlement à fin novembre 2025. C’est la deuxième fois que le Gabon opère une coupe dans ses prévisions budgétaires. Le pays avait déjà réduit son enveloppe de 13,3 % (soit 975,1milliards FCFA) par rapport au tout premier projet de loi qui s'élevait à 7333,3 milliards FCFA en septembre 2025.
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La nouvelle baisse des prévisions budgétaires repose sur plusieurs ajustements majeurs. D’abord, les recettes budgétaires nettes chutent d'environ 23 % pour s'établir à 2 928,2 milliards FCFA, contre 3 808 milliards FCFA initialement prévus. Dans la foulée, il s’observe que les recettes affectées aux établissements publics s’établiraient à 315,2milliards FCFA, contre 363,9 milliards FCFA initialement prévus, soit une diminution de 48,7 milliards FCFA.
Pour compenser, les dépenses globales de l’État sont réduites de près de 14 %, passant à 5 180 milliards FCFA. Ce repli est principalement porté par les dépenses d’investissement qui sont désormais prévues à 1 169,1 milliards FCFA en baisse drastique de 45,3% par rapport au départ, « essentiellement due à la déprogrammation de projets en l’absence d’études de faisabilité ».
Les charges de trésorerie et de financement s’élèveraient à 1 336,2 milliards FCFA, en légère baisse de près de 3 % par rapport aux 1 375,4 milliards initialement prévus. L’essentiel de ces enveloppes, soit environ 98 % du montant total (1 309,2 milliards de FCFA),reste exclusivement consacré à l’amortissement de la dette.
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Signalons tout de même que le Gabon revoit à la baisse à deux reprises, son budget après des critiques et inquiétudes formulées par des agences des institutions financières notamment l’agence de notation américaine Fitch Ratings qui la qualifié de« irréaliste » en octobre 2025. L’agence de notation souveraine prévenait déjà à cette période, que « Les plans des autorités pour une forte augmentation des dépenses d’investissement nous paraissent irréalistes et seront limités par des contraintes de financement ».
Une croissance revue à 4%
Outre la révision projetée de son budget, Libreville ajuste ses prévisions de croissance économique. Le pays table désormais sur un PIB de 4% à fin 2026 contre 6,5 % soit 2,5 points de moins « soutenue principalement par le dynamisme des activités du secteur hors pétrole (+4,4 %) ». Cette révision de la croissance économique s'appuie sur des prévisions mitigées. Côté matières premières, les voyants sont au vert pour le pétrole, dont la production progresse de 3,1 % (11,2 millions de tonnes) avec un baril gabonais en forte hausse de 15,03 % à 75,0 USD, tandis que le manganèse voit sa production croître de 2,1 % (9,424 millions de tonnes) malgré un prix à la tonne en léger repli de 0,8 % à 166,9 USD.
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La plus forte progression revient à l'or, dont la production double (+100 %) pour atteindre 800 kg. À l'inverse, le secteur agricole et forestier accuse le coup avec un effondrement de 76,9 % de la production de caoutchouc (0,6 millier de tonnes), une baisse de 36,2 % pour le bois débité (0,989 million de m³) et un recul de 6,4 % de l'huile de palme (0,138 million de tonnes). Enfin, le cadre macroéconomique reste adossé à la stabilité du dollar américain, maintenu à un taux de change inchangé de 571,9 FCFA.










