Brazza Airlines a annoncé, le 10 septembre 2026, la suspension « à effet immédiat » de ses liaisons reliant Brazzaville, capitale politique de la République du Congo, à Ouesso et Impfondo, deux villes situées dans la partie nord du pays. Cette décision supprime du réseau de la compagnie trois fréquences hebdomadaires, opérées par des appareils Embraer E190 et E135.
Dans un courrier adressé aux industriels de la région, Jean Valli, président de cette filiale du groupe français Thalair, justifie la décision : « L'équilibre économique actuel de ces lignes n'est malheureusement plus soutenable : les prix des billets pratiqués restent trop bas au regard des coûts d'exploitation, et le taux de remplissage moyen des vols est insuffisant ».
Le dirigeant ne précise pas le montant des pertes financières liées à l'exploitation de ces deux lignes. Il évoque toutefois l'impossibilité, pour la compagnie, de comprimer davantage ses marges face à des charges jugées incompressibles; carburant et taxes notamment. Il conditionne par ailleurs toute reprise à un co-financement des lignes avec les entreprises locales, appelant le patronat à engager des négociations : « Cette relance ne pourra se concrétiser que si les entreprises qui ont besoin de ces dessertes sont prêtes à s'engager à nos côtés dans cet effort commun. […] Nous serions ainsi heureux qu'Unicongo puisse, si elle en est d'accord, organiser un webinar permettant d'installer ce niveau de dialogue », martèle Jean Valli.
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Au-delà des raisons officielles évoquées par le transporteur, cette suspension intervient un mois après une intervention directe de l'État sur la politique tarifaire des compagnies aériennes opérant sur l'axe Brazzaville-Impfondo, parmi lesquelles Brazza Airlines. Interpellé le 7 août au Sénat sur des tarifs jugés prohibitifs — entre 155 000 et 200 000 FCFA le trajet —, le ministre des Transports, Josué Rodrigue Ngouonimba, avait promis le 20 août des mesures pour contraindre ces prix à la baisse. Il avait notamment annoncé un audit des coûts d'exploitation du secteur.
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Cette décision réduit l'offre aérienne dans la partie nord du pays, où la compagnie nationale ECAir demeure elle-même en difficulté. Seules Trans Air Congo (TAC) et Canadian Airways Congo continuent d'assurer la desserte de cet axe. Malgré ce retrait, Brazza Airlines poursuit ses opérations sur ses autres routes domestiques, notamment la liaison quotidienne entre Brazzaville et Pointe-Noire, capitale économique du pays, ainsi que ses deux vols hebdomadaires (vendredi et samedi) sur la ligne Brazzaville-Ollombo, à plus de 380 km au nord de la capitale.
Rappelons que le Nord du Congo, très enclavé, reste un marché captif de l'aviation commerciale, faute d'infrastructures de substitution routes ou voies fluviales.
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