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Politiques Publiques

Gabon : le gouvernement menace de dissoudre les entreprises publiques non rentables

Le Gabon annonce une réforme marquant la fin des subventions illimitées aux entités publiques, répondant ainsi aux exigences de bonne gouvernance du Fonds monétaire international (FMI).

Publiée mardi 11 novembre 2025 à 18:34:09Modifiée mardi 11 novembre 2025 à 18:34:10Temps de lecture 3 minPar Marius Zogo

Henri-Claude Oyima, ministre d'Etat, ministre de l'Economie et des Finances du Gabon

Au cours d'une récente réunion tenue avec les responsables de son département, le ministre gabonais d'État, ministre de l’Économie et des Finances, Henri-Claude Oyima, a annoncé une série de réformes visant à assainir les finances publiques du Gabon. L’un des axes majeurs de ces réformes concerne la gestion active des participations publiques. Le ministre a souligné l'ambition de l'État de « redevenir un actionnaire visionnaire et responsable, exigeant et professionnel ». Pour atteindre cet objectif, le gouvernement lance des audits des entreprises publiques afin de rationaliser le portefeuille de l’État et de renforcer la gouvernance économique. Ainsi, « les entreprises viables seront restructurées sur la base des contrats de performance, tandis que les entités chroniquement déficitaires seront réformées ou dissoutes », a prévenu le membre du gouvernement dans la mouvance de l’examen de la loi de finances pour le compte de l’exercice 2026.

Lire aussi : Gabon : la Banque mondiale critique la prise des participations de l’Etat au sein des entreprises

Cette réforme s'inscrit dans un contexte de défis financiers majeurs pour le Gabon, notamment un taux d'endettement élevé (au-dessus du seuil CEMAC de 70%, selon le FMI, la BAD, la Banque mondiale) et la nécessité de diversifier les sources de revenus non pétroliers. Cela suggère une rupture avec la pratique consistant à renflouer indéfiniment les entreprises non rentables par le Trésor public. Selon les chiffres rendus publics par la Direction générale des Participations en 2024, sur environ 80 entreprises publiques recensées, à peine 25 étaient rentables, cumulant des dettes fournisseurs ou comptant sur les subventions de l’Etat pour résister.

L’annonce de cette réforme du ministre Oyima fait suite à un diagnostic rigoureux du Fonds monétaire international dressé sur les entreprises publiques au Gabon. Dans une note d’analyse publiée en juillet 2024, l’institution de Bretton Woods faisait déjà remarquer que « le manque de données relatives aux entreprises publiques, et la dissimulation de comptes bancaires en dehors du —ou inaccessible par le— Trésor rendent difficile l‘évaluation de la véritable situation ».

Lire aussi : Le Gabon crée un portail pour réduire le flou sur les participations de l’État dans les entreprises

A titre d’exemple, le FMI déplore que : les caisses de sécurité sociale gabonaise présentent des risques budgétaires importants, qui seraient accrus en l‘absence de réformes urgentes en matière de gouvernance. Le fonds de pension public (CPPFAE) compte un nombre croissant d‘engagements non capitalisés. Le fonds de pension privé (CNSS) souffre de mauvaise gouvernance et d’importants arriérés de paiement des retraites. De même, la Caisse d‘assurance maladie (CNAMGS) accumule des arriérés envers ses fournisseurs, ce qui détériore la qualité des services de santé fournis à ses membres.

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