alios-cameroun-27-10-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Gabon : la Banque mondiale critique la prise des participations de l’Etat au sein des entreprises

L’institution financière estime que le renforcement de la présence de l’État dans l’économie entraîne des risques budgétaires importants.

Publiée jeudi 17 juillet 2025 à 19:48:43Modifiée jeudi 17 juillet 2025 à 19:48:45Temps de lecture 5 minPar EcoMatin

ville gabon
Image d'une ville au Gabon_AFP

La Banque mondiale voit de très mauvais œil la nationalisation des entreprises en cours au Gabon. Pour illustrer son analyse dans une note de conjoncture qu’elle vient de publier, elle cite : l’acquisition, par l’intermédiaire de la société publique Gabon Oil Company (GOC), de deux producteurs de pétrole, Assala Energy et Tullow Oil (1,5 milliard d’USD et 300 millions d’USD) ; la Société de Maintenance Pétrolière (SMP) ; la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) ; l’acquisition de 35 % d’Agro Business Group, anciennement Société d’investissement pour l’agriculture tropicale (Siat-Gabon) ; la création de Fly Gabon ; la création de la Banque pour le Commerce et l’entreprenariat du Gabon (BCEG) ; le transfert à l’État de 35 % de la participation dans le grand groupe de distribution alimentaire CECA-GADIS ; la création de la Société de Construction et de Restauration des Édifices Publics (Socorep).

Lire aussi : Gabon : l’État boucle le rachat des actifs pétroliers d’Assala Energy

La Banque mondiale observe qu’en réalisant ces investissements, le gouvernement gabonais cherche certainement à accroître son contrôle sur les ressources naturelles, en particulier le pétrole, et à poursuivre d’autres objectifs de développement tels que l’amélioration des transports intérieurs, le soutien aux PME, l’approvisionnement local des détaillants en denrées alimentaires et la réduction du coût de la vie.

« Néanmoins, relève l’institution, l’État pourrait être confronté à des risques budgétaires accrus en raison de la dette contractée par les entreprises publiques, en particulier si elle est garantie par l’État », déclare.
La Banque ajoute : « globalement, le renforcement de la présence de l’État dans l’économie entraîne des risques budgétaires importants, dus aux défis en matière de gouvernance d’entreprise et au manque de transparence des opérations des entreprises d’État. Le manque de transparence concernant les coûts d’acquisition récents des entreprises publiques et les mécanismes de financement constitue un obstacle majeur à l’évaluation de la situation budgétaire et de la dette. La fragmentation des données financières et des données relatives à la gouvernance des entreprises d’État rend difficile le suivi efficace des performances, l’évaluation des risques budgétaires et l’obligation de rendre des comptes ».

Manque de transparence


Toujours selon cette institution, les informations sur les garanties de l’État sur les dettes des entreprises publiques ne sont pas facilement disponibles, et très peu d’entre elles publient leurs états financiers et des informations sur leurs performances. Par exemple, souligne la note de conjoncture, le fonds souverain du pays, le Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques (FGIS), ne publie que des informations générales sur ses activités et ses investissements. La note relève que, pour relever ces défis, le gouvernement gabonais a récemment entrepris des réformes, établissant une Direction générale des Participations (DGPAR) en 2024 et lançant un Fichier Unique des Participations (FUP) en ligne au début de 2025. Un audit de « Delta Synergie », une société holding créée par des membres du régime précédent avec des actifs potentiellement acquis indûment, a également été lancé, mais les résultats ne sont pas encore connus.

Lire aussi : Le Gabon accélère la nationalisation du secteur pétrolier avec le rachat de Tullow Oil à 181 milliards FCFA

Par conséquent, indique la Banque, la participation de l’État aux marchés peut entraîner des risques économiques. « L’empreinte économique de l’État est importante au Gabon, le secteur public employant environ 57 % de la main-d’œuvre formelle. Les entreprises publiques peuvent bénéficier de subventions et d’un accès préférentiel au financement grâce aux garanties de l’État, ce qui fausse la compétitivité et entrave le secteur privé, en particulier si les entreprises publiques et les entreprises privées sont en concurrence, comme dans les secteurs du pétrole, du bois, de la construction et de la vente au détail de produits alimentaires. Il est donc essentiel de mieux évaluer et d’améliorer les performances des entreprises publiques », lit-on.

Suggestions sur la gouvernance


La Banque préconise au gouvernement d’adopter des approches et des stratégies spécifiques pour les monopoles naturels et les secteurs concurrentiels, notamment en renforçant la capacité et l’indépendance des régulateurs. Pour cela, il faudrait une coordination étroite entre la DGPAR et les ministères pour assurer une surveillance adéquate. Il serait également essentiel de garantir les règles et les incitations du marché, de surveiller les bénéfices des entreprises publiques et d’envisager des options pour réformer ou réduire la participation dans les entreprises publiques peu performantes et génératrices de pertes.

Aussi, dans un contexte où une loi sur la gouvernance des entreprises publiques est en cours d’élaboration, il serait essentiel d’assurer un suivi, un audit et une publication complète des informations financières sur les participations de l’État, et d’institutionnaliser les exigences de transparence. Le renforcement de l’évaluation des risques budgétaires, qui figure actuellement en annexe de la loi de finances, avec des informations plus détaillées sur les entreprises publiques, contribuerait également à améliorer l’analyse des risques budgétaires.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Gabon : la Banque mondiale critique la prise des participations de l’Etat au sein des entreprises
rachatbanque mondialeGabonArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

EpremiumWhatsApp Image 2026-10-27 at 14.08.21Politiques PubliquesYaoundé : de la Sotuc à STM, l'interminable échec du transport public par busDe la Sotuc à Salem Tours Mfoundi, en passant par « Le Bus » et Stecy, Yaoundé a vu se succéder quatre opérateurs de transport urbain sans parvenir à installer un réseau de bus durable. Le dernier en date, sélectionné en décembre 2023, vient de perdre son contrat sans avoir mis un seul véhicule en circulation. La mairie cherche désormais un nouvel exploitant. il y a 4 heuresEpremiumimages (20)Politiques PubliquesCongo : 14 hectares mis à disposition de quatre entreprises dans les ZES d'Ignié et de Pointe-NoireLe gouvernement congolais vient d'accorder à quatre entreprises des agréments au régime des zones économiques spéciales (ZES), pour des durées allant de 10 à 15 ans. Les bénéficiaires, parmi lesquels Induco, filiale du groupe El-Sahely, disposent au total de 14 hectares à Ignié et Pointe-Noire pour développer des activités industrielles. il y a 4 heuresMaïsPolitiques PubliquesCameroun : Yaoundé veut supprimer un prélèvement de 10 % sur le maïs local destiné aux élevagesFace au renchérissement des produits avicoles, le gouvernement prépare un allègement fiscal sur les matières premières utilisées par les éleveurs.il y a 1 jourCAMEROUN - La ville de Sangmelima, au milieu de la foret tropicalePolitiques PubliquesAgriculture : le Cameroun veut immatriculer au moins 500 000 titres fonciers d’ici 2030 Alors que moins de 1 % des communes disposent d’un plan cadastral numérisé, Yaoundé veut sécuriser les terres agricoles, dans un secteur qui revient régulièrement en tête des domaines les plus dénoncés pour corruption.il y a 4 joursEpremiumAllocations familiales CNPSPolitiques PubliquesSécurité sociale : le Cameroun veut élargir les prestations de l'assurance volontaireLe régime destiné aux indépendants et aux travailleurs informels s’essouffle. Selon la CNPS, les nouvelles adhésions à l’assurance volontaire ont chuté de plus d’un quart en un an.il y a 6 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cameroun : le patron de Gulfcam démissionne pour prendre la tête d'un distributeur pétrolier au Congoil y a 1 jour2Affaire Garoubé : la justice française maintient une saisie de 11,7 milliards FCFA contre l’État du Camerounil y a 6 jours3Cameroun : le projet de brasserie Krieger Brewery franchit l’étape des audiences publiquesil y a 5 jours4Pétrole : la SNH impose aux futurs opérateurs de six blocs un minimum de 250 000 USD/an pour former les Camerounaisil y a 2 jours5Tchad : le groupe ivoirien AFG en passe de prendre le contrôle de la Banque de l’Habitatil y a 1 semaine6Cameroun : le français Camusat lève 12 milliards FCFA auprès de deux banques locales pour ses infrastructures de télécomsil y a 1 semaine7Congo : l’État accorde dix ans d’avantages fiscaux et douaniers aux activités de Franprix à Brazzavilleil y a 4 jours8Abidjan, Lomé, Libreville… : Idrissa Nassa remanie les états-majors de Coris Bank en Afriqueil y a 4 jours9CEMAC : les capitaux étrangers reculent dans les banques, les nationaux contrôlent désormais 23 établissements sur 54il y a 6 jours10Guy Laurent Fondjo (Afriland First Bank Guinée) : « La signature de l’État guinéen inspire une forte confiance »il y a 1 jour
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.