Perenco Oil & Gas Gabon (POGG), filiale du groupe franco-britannique Perenco, a confirmé que son projet de gaz naturel liquéfié (GNL) de Cap Lopez ne démarrera pas avant début 2028, contre 2026 initialement prévu. Évalué à plus d’un milliard de dollars, ce programme vise à transformer le terminal pétrolier de Cap Lopez, près de Port-Gentil (Ogooué-Maritime), en plateforme de traitement, de liquéfaction, de stockage et d’exportation de gaz naturel. « Le projet est en bonne voie avec un démarrage des opérations de production prévu début 2028 », indique la compagnie dans un communiqué publié le 21 octobre 2026.
Ce décalage intervient alors que plusieurs infrastructures indispensables à la chaîne de production restent en chantier. Au 21 octobre, Perenco fait état de 100 km de pipelines installés sur les 570 km prévus, soit environ 17,5 % du réseau annoncé. Le battage des pieux du nouveau quai de Cap Lopez a également démarré. Aux Émirats arabes unis, les travaux de conversion de l’ancien méthanier LNG Bayelsa se poursuivent chez Drydocks World, à Dubaï. Construit en 2003 et doté d’une capacité de stockage d’environ 137 000 m³, le navire doit être reconverti en unité flottante de stockage de GNL, baptisée FSU Cap Lopez.
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Des indices d’un possible glissement du calendrier étaient apparus plusieurs mois avant cette annonce officielle. Le 19 août 2026, la société britannique de classification maritime Lloyd’s Register avait annoncé avoir été mandatée par Dixstone, filiale logistique de Perenco, pour assurer la supervision technique du chantier de conversion du navire. Le départ de l’unité reconvertie était alors prévu au troisième trimestre 2027. Cette échéance intermédiaire, qui concernait le navire de stockage et non la mise en service de l’ensemble du projet, soulignait déjà l’importance de cette infrastructure dans le calendrier industriel de Cap Lopez. Les travaux comprennent notamment le renouvellement de structures en acier, l’installation de nouveaux systèmes de tuyauterie et l’intégration d’un module de gestion du gaz d’évaporation. L’annonce du 21 octobre fixe désormais le démarrage des opérations de production au début de 2028.
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Ce délai retarde les nouvelles recettes gazières du Gabon et la valorisation d’une partie du gaz associé à sa production pétrolière. À pleine capacité, Cap Lopez doit produire environ 700 000 tonnes de GNL par an et jusqu’à 30 000 tonnes de gaz de pétrole liquéfié (GPL), selon Perenco, qui prévoit aussi de réduire le torchage d’environ 80 millions de pieds cubes standards par jour. Ce sont donc les exportations, l’approvisionnement du marché local et l’ambition du Gabon de rejoindre le cercle des exportateurs de GNL qui sont repoussés.
L’enjeu est d’autant plus sensible que les finances publiques restent exposées au pétrole. Pour 2027, les recettes pétrolières sont projetées à 1 013,2 milliards de FCFA, en baisse de 9 % par rapport aux 1 113,4 milliards attendus en 2026. Le gaz représente un levier potentiel de diversification, mais les recettes effectives pour l’État dépendront des volumes commercialisés, des conditions du marché international et du régime fiscal applicable à des activités gazières encore en développement.
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