La filiale logistique de Perenco, Dixstone Lower Gulf FZCO, s’est attachée les services d'un expert externe pour assurer la conversion du méthanier LNG Bayelsa en véritable unité flottante de stockage de gaz naturel liquéfié (FSU LNG Cap Lopez), avant son redéploiement au large du Gabon. Le 19 août, la société britannique de classification maritime Lloyd’s Register (LR) a annoncé la signature d'un contrat pour superviser techniquement le chantier et en garantir la conformité réglementaire. « Le départ de l’unité réaffectée est prévu pour le troisième trimestre 2027 », rapporte Dixstone, citée par le média spécialisé Offshore Energy.
Selon un communiqué de Lloyd’s Register, consultée, la société britannique s’est engagée à assurer la classification, l'approbation des plans et les inspections. « La conversion du FSU LNG Cap Lopez reflète l’élan croissant derrière les conversions de transporteurs GNL et les solutions de stockage flottant, les opérateurs recherchant des moyens flexibles et à moindre impact pour développer les ressources gazières », a déclaré Sean Van der Post, directeur mondial de l'offshore chez Lloyd’s Register. Il précise qu'une « assurance technique indépendante et des stratégies robustes d’extension de vie sont essentielles ».
Bien que le coût n'ait pas été divulgué, le chantier inclut le renouvellement d'importantes structures en acier, l'intégration de nouveaux systèmes de tuyauterie, l'installation d'un module de gestion du gaz d'évaporation et un programme d'extension de la durée de vie de la coque.
Sauf que l’attribution de ce nouveau chantier vient rallonger la durée des travaux de conversion de ce navire. En effet, le LNG Bayelsa – un méthanier à turbine à vapeur de 278 mètres construit en 2003, anciennement exploité par Nigeria LNG et doté d'une capacité de stockage de 137 065 mètres cubes (environ 61 679 tonnes) – rebaptisé LNG Cap Lopez, est entré en cale sèche chez Drydocks World Dubai en avril 2025. L’échéance de son redéploiement initial au Gabon était prévue pour 2026, selon Dixstone au début du chantier. Mais le recours à LR vient officiellement repousser cette échéance.
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Dixstone ne donne pas de raisons directes quant à ce report, qu’elle n’invoque guère officiellement. D’après des experts du secteur, ce glissement s'expliquerait par la complexité inattendue des travaux de conversion lourde menés actuellement aux Émirats arabes unis. La filiale de Perenco reconnaît néanmoins l’intervention de plusieurs acteurs sur le chantier. « Dixstone travaille en étroite collaboration avec ses nombreux partenaires pour mettre en œuvre de nouvelles infrastructures de projet, au service de Perenco et de la République du Gabon pour maximiser le potentiel des ressources en gaz naturel du pays. », a déclaré Michel Gotab, directeur général de Dixstone Lower Gulf, le 19 août. « En tant que nouvelle installation de stockage du GNL, la FSU LNG Cap Lopez fait partie intégrante du projet plus large Cap Lopez, une nouvelle colonne vertébrale gazière pour le Gabon, tant pour l’usage local que pour l’exportation ».
Un mégaprojet gazier décalé
Il faut noter que le navire LNG Cap Lopez constitue la première brique du vaste projet gazier de Perenco au Gabon, évalué globalement à plus d'un milliard de dollars (plus de 600 milliards de FCFA). L'objectif de l'opérateur est de transformer le terminal de Cap Lopez — acquis en 2021 pour 200 milliards de FCFA — en un hub bi-fonctionnel pétrolier et gazier. Le dispositif offshore sera complété par une barge de liquéfaction (FLNG), dont la construction a été confiée à l'industriel émirati Technomak en mai 2025. Le glissement du calendrier de cette unité de stockage repousse mécaniquement l'ambition de Perenco de faire du Gabon un exportateur de GNL dès 2026. À terme, le projet table sur une production annuelle de 700 000 tonnes de GNL destinées à l'export, et de 25 000 tonnes de gaz butane (GPL), venant s’ajouter aux 15 000 tonnes de gaz domestique produites chaque année depuis 2023 par l’usine de Batanga, dans le sud du pays, afin de garantir l'autosuffisance du pays.
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