Au Gabon, les exportations de manganèse d’Eramet sont menacées depuis plus de 48heures, suite à un incident survenu sur le réseau ferroviaire gabonais. Selon un communiqué de la Société d’Exploitation du Transgabonais (SETRAG), filiale du groupe minier français, daté du 15 mai dernier, un déraillement de train de minerais s’est produit le mercredi 14 mai 2025, aux environs de 05h du matin, au point kilométrique 159+700, entre les gares d’Abanga et de Ndjolé. « L’accident, impliquant pas moins de 18 wagons, a causé des dommages considérables sur environ 150 mètres de voie ferrée. », peut-on lire.
Bien qu’aucun blessé n’a été déploré, cet événement perturbe considérablement l’acheminement du minerai exploité par Eramet à Moanda, site du plus grand gisement de manganèse à haute teneur au monde, avec une capacité de production annuelle dépassant les 7 millions de tonnes. La compagnie se retrouve dans l’incapacité d’acheminer sa production vers le port d’Owendo. Soit une moyenne de 15 300 tonnes par jour, environ 30 600 tonnes non exportées lors des dernières 48 heures, sur la base des dernières performances de l’entreprise au premier trimestre de l’année en cours (1,4 millions de tonnes de manganèse transporté). En parallèle, des travaux d’urgences ont été enclenchés par l’opérateur pour rétablir l’axe ferroviaire impacté.
Difficultés logistiques préexistantes et impact financier
Cette interruption de l'acheminement du minerai de manganèse par rail s’ajoute aux difficultés logistiques que rencontre déjà Eramet pour le chargement des navires au port. D’après son rapport d’activités du premier trimestre 2025, au Gabon, les problèmes de chargement observés au port d’Owendo fin 2024 ont persisté durant les trois premiers mois de 2025, impactant négativement les expéditions et les ventes de minerai de manganèse.
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Combinée à un mouvement social en mars, « désormais terminé », cette situation a pesé sur les ventes externes de l’entreprise, qui ont diminué de 15 % par rapport au premier trimestre 2024. En conséquence, les volumes produits et transportés ont été ajustés, enregistrant des baisses respectives de 7 % à 1,8 million de tonnes et de 15 % à 1,4 million de tonnes par rapport au premier trimestre 2024. Le coût de production direct et de chargement à bord du navire pour l’activité minerai de manganèse s’est établi en moyenne sur le trimestre à 2,4 dollars par unité de tonne métrique sèche ($/dmtu), en hausse de 7 % par rapport au premier trimestre 2024. Cette augmentation reflète principalement la baisse des volumes vendus, partiellement compensée par un effet de change favorable.
Conséquences potentielles pour Eramet
Les conséquences de cet incident pourraient être significatives pour Eramet. En effet, cette nouvelle interruption des expéditions risque d’entraîner des retards dans les livraisons, potentiellement impacter les contrats d’achat-vente de minerais et générer des coûts supplémentaires liés au stockage et à la logistique alternative. Bien que « les équipes techniques de la SETRAG soient mobilisées pour rétablir la circulation dans les plus brefs délais », la durée de cette interruption reste incertaine quant à l’ampleur des dégâts.
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Il est important de rappeler que le Transgabonais est un axe vital pour l’économie du Gabon, assurant non seulement le transport de passagers mais surtout l’évacuation des matières premières, notamment le manganèse, essentiel aux exportations du pays. Tout blocage prolongé de cette infrastructure a des répercussions directes sur les revenus de l’État et la compétitivité des entreprises opérant dans le secteur minier. En attendant, la SETRAG a mis en place un dispositif alternatif pour les voyageurs, incluant la déviation de trains et l’organisation de navettes par bus, preuve de l’ampleur des perturbations sur l’ensemble du réseau. Les départs des trains de voyageurs en provenance et à destination d’Owendo et Franceville sont temporairement suspendus et le transport des mines aussi.
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