Les autorités équatoguinéenes réfléchissent à des pistes pour diversifier l’économie du pays. Et l’une des solutions envisagées repose sur la création de zones industrielles (ZI). La question a d’ailleurs été abordée lors d’une audience qu’a accordée le Premier ministre Emmanuel Osa Nsue a une délégation de la Confédération des hommes d'affaires de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP). Ainsi, la présidente de cette organisation, Nelma Fernández et son hôte ont échangé sur « l'importance de la mise en œuvre de zones industrielles, pour diversifier l'économie nationale, sachant qu'il s'agit d'un espace qui concentre un grand nombre d'entreprises industrielles, où se trouvent principalement des entreprises appartenant au secteur secondaire ou tertiaire, composées pour la plupart d'usines et d'industries », renseigne Bureau d'information et de presse de Guinée Équatoriale.
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A Malabo, les autorités ont pris la mesure des enjeux autour de la question. Depuis quelques temps déjà, les investisseurs dans leur démarche en Guinée Equatoriale se positionnent pour la construction d’une zone industrielle. C’est le cas de l’indien Soma qui envisage investir 123,4 millions d’euros (81 milliards de Fcfa) dans 6 projets phares dans le pays parmi lesquels une zone industrielle à Djibloho. Le Turque Albayrak, lui souhaite construire une zone industrielle à Ebibeyin dans le cadre de son accord de concession de gestion des ports de Bata et de Malabo.
Situation de crise
La proposition de création des ZI pour diversifier l’économie, intervient dans un contexte où le pays connait une situation économique difficile. Selon les projections faites par le Fonds monétaire international (FMI) dans sa note de "Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne d’octobre 2024", la Guinée Équatoriale devrait connaître une croissance de -4,8% en 2025 contre 5,8% en 2024 et -6,2% en 2023. Un contexte de récession qui pourrait s’expliquer par le fait que l’économie équato-guinéenne est basée majoritairement sur le pétrole (les recettes pétrolières représentent plus de 90% des recettes publiques en Guinée Équatoriale, Ndlr). L’activité sur l’or noir étant confrontée à la volatilité des prix à l’échelle mondiale mais aussi à une baisse de la production à l’échelle nationale.
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En effet, la production pétrolière de la Guinée Équatoriale a amorcé un déclin depuis 2022 où elle s’est chiffrée à 118 000 barils/jour contre 140 000 à fin 2021 et 306 000 en 2010, soit une baisse moyenne de 7,4% par an. Pour 2024 particulièrement, il était prévu selon la Loi de finances une production de 70 000 barils de pétrole par jour et des recettes pétrolières attendues à 1 235,3 milliards de Fcfa représentant 80,5% des ressources de l’État. Pis, le FMI a envisage une chute de la production de 50% entre 2024 et 2028. Ceci en lien avec « la maturation des puits de pétrole et un accident survenu sur le grand champ pétrolier du pays (le champ de Zafiro, Ndlr) qui a réduit de deux tiers la production de ce champ », expliquait l’institution de Bretton de Woods.

