En Guinée Equatoriale, le gouvernement s’apprête à lancer un nouveau cycle d’octroi de licences pétrolières et gazières en 2025, dans le but d’attirer les investissements, de stimuler l’exploration et d’assurer la production d’énergie à long terme, selon un communiqué publié le 8 février par la Chambre africaine de l’énergie (AEC). « L’importance de l’exploration ne peut être surestimée. Les nouvelles séries de licences sont l’élément vital de l’industrie africaine en amont, car elles garantissent que les niveaux de production restent élevés et que les nouvelles découvertes continuent d’alimenter nos économies », a déclaré Tomás Gerbasio, vice-président de l’engagement commercial et stratégique chez AEC
Cette initiative intervient alors que le secteur pétrolier du pays connaît un ralentissement ces dernières années. Le vieillissement de certains champs, le désengagement de géants pétroliers comme ExxonMobil, et une baisse de la production (-7,4% en moyenne chaque année, passant de plus de 300 000 barils/jour en 2010 à 118 000 barils/jour en 2022) témoignent de cette perte de vitesse. Selon les dernières données de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), la production de pétrole brut en Guinée Equatoriale a atteint en moyenne 110 000 barils/jour en 2024. Dans ce contexte, le gouvernement a annoncé des incitations fiscales, notamment une réduction de l’impôt sur les sociétés de 35% à 25%, pour renforcer l’attractivité du secteur pétrolier.
Dynamique d'activités en cours
Ce nouveau cycle de licences s'inscrit ainsi dans le cadre d'une nouvelle dynamique d'activité qui se déroule dans le pays. En novembre dernier, Trident Energy a annoncé une production réussie de son puits intercalaire C-45, l'un des deux puits de son programme de forage intercalaire en cours au complexe Ceiba et Okume dans le bloc G, ajoutant plus de 5 000 barils par jour à la production. En juin 2024, Chevron a signé de nouvelles PSC pour les blocs EG-06 et EG-11, décrivant des engagements d'investissement et des programmes d'exploration en s'appuyant sur les intérêts existants de la société dans les champs d'Alen, d'Aseng et de Yolanda.
Lire aussi: Internet : la Guinée Equatoriale s’agrippe à Space X pour renforcer sa sécurité maritime
En outre, VAALCO Energy s’est dit prêt à diriger un programme de forage et une poussée de développement du champ pour le bloc P, après avoir finalisé un PSC pour l'actif en août. La compagnie pétrolière nationale GEPetrol se concentre elle, sur l'augmentation de sa capacité de production, avec le champ de Zafiro. Après avoir repris l'exploitation d'ExxonMobil en juin 2024, GEPetrol a lancé un plan de développement en plusieurs phases pour étendre la production du plus grand champ pétrolier du pays dans le bloc offshore B. La phase 1, qui devrait commencer au début de 2025, reconnectera des puits sélectionnés qui étaient précédemment produits via des raccordements à l'unité de production flottante de Zafiro Producer. Bien que le FMI, lui, anticipe sur une baisse de 50% de la production de brut du pays entre 2024 et 2028, Malabo est bien conscient de la situation et de l’urgence qu’il y’a à réagir.



