Asphyxiée par des coupures de courant récurrentes dans sa capitale, Malabo, dues aux pannes de ses turbines, la Guinée équatoriale se dit prête à négocier avec la firme chinoise Beijing Weineng (BWI). Le pays souhaite ouvrir son marché électrique à cette entreprise afin qu'elle construise, exploite et commercialise de l'énergie solaire sur le territoire. Cette démarche fait suite à une réunion de travail que le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue a tenue le 9 septembre avec les responsables du secteur. « J'ai donné le feu vert pour avancer avec la proposition d'investissement de Pékin, Beijing Weineng (BWI), qui prévoit d'investir 150 millions de dollars dans la construction de centrales photovoltaïques en Guinée équatoriale », a déclaré le dirigeant.
Cette décision gouvernementale vise à pallier un déficit structurel de production, selon les informations officielles. Avec une capacité installée stagnante à 349 mégawatts (MW) depuis 2012 selon la Banque mondiale, soit une production d'à peine 1 427 GWh, le pays affiche l'une des capacités de production les plus faibles de la sous-région. Son mix énergétique dépend actuellement à 68 % du gaz naturel — issu des champs offshore d'Alba et traité au pôle industriel de Punta Europa, qui alimente les turbines locales —, complété par 31 % d'hydroélectricité provenant du barrage de Djibloho (120 MW) sur la partie continentale, et environ 1 % de combustibles fossiles d'appoint. Selon le modèle envisagé, l'énergie produite par ces futures centrales serait vendue à la Société nationale d'électricité (SEGESA) et directement intégrée au réseau national.
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Si les négociations aboutissent, le déploiement de cette solution — une première dans le pays — devrait avoir des répercussions directes sur l'économie locale, en sécurisant l'approvisionnement des ménages et des entreprises lourdement pénalisés par les délestages, et en offrant une alternative d'urgence lors des défaillances des centrales à gaz.
Cet enjeu d'approvisionnement est d'autant plus critique que le pays fait face à une forte disparité de desserte : selon les données de la Banque mondiale, le taux d'accès à l'électricité frôle 90 % en zone urbaine mais peine à dépasser 66 % en milieu rural. « J'ai ordonné au Premier ministre, ainsi qu'aux départements concernés (…), de commencer les négociations dès que possible. Nous devons étudier les emplacements, la capacité de production (…), les conditions techniques, le prix par kilowatt et le modèle d'achat d'énergie, afin de garantir que l'investissement soit bénéfique pour l'État et pour la population », a poursuivi M. Nguema.
Si les conditions techniques, économiques et juridiques s'avèrent favorables, le gouvernement espère concrétiser cet accord d'investissement avant la fin de l'année. Historiquement dépendante de ses hydrocarbures, la Guinée équatoriale cherche à diversifier ses sources d'approvisionnement énergétique. À titre de comparaison régionale, le pays importe déjà 10 MW du Gabon voisin — un volume mécaniquement insuffisant pour stabiliser le réseau. Du côté de l'investisseur, la maison mère de BWI, cotée à Hong Kong et traditionnellement active dans la fabrication de composants automobiles en Europe, cherche à diversifier ses activités en s'implantant dans les infrastructures énergétiques de la zone CEMAC.
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