Le gouvernement de la République du Congo table sur un nouveau record de ses recettes pétrolières, avec un scénario haussier fixé à 1 694,9 milliards de FCFA, soit une progression de 77,8 % par rapport aux prévisions initiales. Selon le rapport sur les perspectives économiques d'août 2026, cette révision s'appuie sur une hypothèse macroéconomique intégrant un baril de brut à 109,94 dollars. « En cas de persistance de la crise [au Moyen-Orient] et de maintien des cours du pétrole à des niveaux élevés, le Gouvernement pourrait envisager une révision des prévisions budgétaires afin de tenir compte de l'accroissement des recettes d'hydrocarbures », précise le document officiel.
En valeur absolue, ce scénario haussier représente une plus-value de la rente pétrolière de 741,9 milliards de FCFA par rapport au cadrage de base, qui évaluait celle-ci à 953 milliards de FCFA. Sous l'effet de cette révision, les recettes globales de l'État grimperaient de 29,6 %, passant de 2 501,8 milliards à 3 243,7 milliards de FCFA. Les recettes pétrolières pèseraient ainsi 52,3 % des ressources totales du Trésor public, contre 38,1 % dans les prévisions initiales.
Sur le plan macroéconomique, ces liquidités, si elles sont engrangées, pourraient redéfinir les marges de manœuvre de Brazzaville. D'après le document, elles permettraient de porter les dépenses en capital (investissement public) à 609 milliards de FCFA, une hausse de 9 %, tout en fixant le solde budgétaire primaire de base à 558,7 milliards de FCFA (chiffre à vérifier, voir remarque ci-dessus). Le rapport indique que ces ressources potentielles seraient mobilisées pour réduire la dette publique et financer les projets du Plan national de développement (PND) 2022-2026, ainsi que les secteurs sociaux essentiels que sont la santé et l'éducation.
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Cette hausse des revenus d'exportation d'hydrocarbures s'accompagnerait toutefois d'une augmentation des coûts d'importation de carburants, et ce bien que le Congo produise environ 300 000 barils par jour selon les données de l'OPEP. Le document officiel ne chiffre pas le poids actualisé des subventions de l'État à la pompe ; il n'en demeure pas moins que la Congolaise de raffinage (Coraf) reste dans l'incapacité de couvrir la demande nationale. Pour pallier ce déficit structurel et contourner la hausse des coûts logistiques internationaux, Brazzaville a engagé, en juillet dernier, des pourparlers avec la méga-raffinerie Dangote, au Nigeria, afin de sécuriser ses approvisionnements en produits finis.
Face aux pressions inflationnistes induites par le coût de l'énergie, le gouvernement annonce son intention de mettre en place des transferts sociaux ciblés pour soutenir le pouvoir d'achat des ménages. Pour se prémunir contre la volatilité des cours mondiaux, le document préconise également « la mise en place ou le renforcement d'un cadre de gestion prudente des recettes pétrolières, notamment à travers des mécanismes d'épargne ou de stabilisation, permettant de lisser les recettes dans le temps ».
À plus long terme, la stratégie gouvernementale vise à allouer une partie de ces ressources supplémentaires à la diversification de l'économie. Le rapport suggère d'orienter les investissements vers des secteurs non pétroliers — agriculture, agro-industrie, industrie manufacturière et services, dans l'optique de réduire l'exposition du pays aux fluctuations des matières premières.
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