Au terme d'une convention scellée le 7 septembre dernier au sein de la Zone économique de Nkok, le ministère des Mines et des Ressources géologiques a officialisé les contours d'une reprise de l'exploitation de l'or au Gabon, marquant la fin de plusieurs mois de gel des activités. Dans ce cadre, la Société équatoriale des mines (SEM), en tant qu'opérateur public mandaté par l'État, a été désignée comme la seule entité autorisée à reprendre immédiatement son activité.
Cette dérogation exclusive s'appuie sur la validation, par l'entreprise publique, de l'ensemble des exigences de l'audit réglementaire mené par les autorités. Pour les autres acteurs historiques de la filière — à commencer par des compagnies privées comme Reminac (filiale du groupe Managem) ou divers opérateurs semi-industriels titulaires de permis — le retour à la normale reste suspendu. Ceux-ci devront se soumettre à une inspection technique approfondie de leurs emprises, s'acquitter intégralement des amendes afférentes à la redevance minière proportionnelle, reverser la quote-part de production revenant à la puissance publique, et enfin signer une convention minière en bonne et due forme.
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Ce redémarrage encadré clôture une période d'interruption totale de l'exploitation aurifère, décrétée par les autorités gabonaises pour assainir une filière compromise par l'orpaillage clandestin. Les investigations menées sur le terrain, notamment dans la province de la Ngounié, ont mis en lumière l'ampleur de l'exploitation illégale opérée par des réseaux organisés adossés à des capitaux étrangers, avec des conséquences environnementales et une évasion fiscale que les autorités jugent significatives.
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Diversification de l'économie
Au cœur des ambitions de diversification du pays, la filière or constitue un secteur stratégique pour l'économie gabonaise, historiquement dominée par les hydrocarbures et le manganèse. Longtemps reléguée au second plan, l'exploitation aurifère dispose d'un potentiel de croissance capable de dynamiser l'économie non pétrolière, de structurer les bassins d'emploi provinciaux et de favoriser l'émergence d'une industrie locale de transformation à plus forte valeur ajoutée.
Sur le plan macroéconomique, la production nationale officielle, récemment révisée à la hausse par le gouvernement à environ 800 kilogrammes de métal fin par an, génère sur les marchés internationaux une valeur brute estimée à près de 65 milliards de francs CFA. Les années d'informalité, de fraude transfrontalière et de laxisme administratif ont toutefois amputé une grande partie de cette manne, infligeant des pertes significatives au Trésor public, dont l'ampleur exacte reste difficile à établir compte tenu des circuits souterrains et des flux illicites. Ces manques à gagner ont durablement privé les caisses de l'État des redevances et des taxes indispensables à la construction des infrastructures collectives et à l'essor des territoires miniers.
Un monopole stratégique face au défi de la transition sectoriel
L'instauration de ce monopole temporaire au profit de la Société équatoriale des mines suscite de légitimes interrogations quant à sa répercussion immédiate sur l'écosystème économique local. En confiant les clés du secteur à un opérateur unique, l'État fait peser une pression sur les entrepreneurs privés légaux, réduits au chômage technique dans l'attente de valider un processus administratif lourd et onéreux. Si cette centralisation répond à un impératif d'assainissement et de traçabilité des flux, elle comporte le risque de paralyser temporairement la production globale et d'inciter, par effet pervers, les exploitants marginalisés à alimenter des filières de contrebande hors d'atteinte du fisc.
Face à ces arbitrages délicats, l'exécutif mise sur la rigueur de cette transition pour restaurer l'autorité de l'État et assainir durablement une industrie minière placée sous haute surveillance, tout en mesurant la capacité opérationnelle de la Société équatoriale des mines à assumer seule la charge de la relance nationale.
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