Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Mines et énergies

Gabon : l’État octroie le monopole de l’exploitation de l’or à petite échelle à l’opérateur public SEM

En décidant le 7 septembre dernier d'accorder l'exclusivité de la relance aurifère à la Société équatoriale des mines, l'État gabonais a mis un terme à près de trois mois de suspension totale d'une exploitation de l'or frappée de plein fouet par les scandales d'illégalité.

Publiée jeudi 10 septembre 2026 à 15:19:57Modifiée jeudi 10 septembre 2026 à 15:19:59Temps de lecture 4 minPar Jean Omer Eyango

39520869

Au terme d'une convention scellée le 7 septembre dernier au sein de la Zone économique de Nkok, le ministère des Mines et des Ressources géologiques a officialisé les contours d'une reprise de l'exploitation de l'or au Gabon, marquant la fin de plusieurs mois de gel des activités. Dans ce cadre, la Société équatoriale des mines (SEM), en tant qu'opérateur public mandaté par l'État, a été désignée comme la seule entité autorisée à reprendre immédiatement son activité.

Cette dérogation exclusive s'appuie sur la validation, par l'entreprise publique, de l'ensemble des exigences de l'audit réglementaire mené par les autorités. Pour les autres acteurs historiques de la filière — à commencer par des compagnies privées comme Reminac (filiale du groupe Managem) ou divers opérateurs semi-industriels titulaires de permis — le retour à la normale reste suspendu. Ceux-ci devront se soumettre à une inspection technique approfondie de leurs emprises, s'acquitter intégralement des amendes afférentes à la redevance minière proportionnelle, reverser la quote-part de production revenant à la puissance publique, et enfin signer une convention minière en bonne et due forme.

Lire aussi : Mines : le Gabon veut raffiner localement son or avant d’exporter

Ce redémarrage encadré clôture une période d'interruption totale de l'exploitation aurifère, décrétée par les autorités gabonaises pour assainir une filière compromise par l'orpaillage clandestin. Les investigations menées sur le terrain, notamment dans la province de la Ngounié, ont mis en lumière l'ampleur de l'exploitation illégale opérée par des réseaux organisés adossés à des capitaux étrangers, avec des conséquences environnementales et une évasion fiscale que les autorités jugent significatives.

Diversification de l'économie

Au cœur des ambitions de diversification du pays, la filière or constitue un secteur stratégique pour l'économie gabonaise, historiquement dominée par les hydrocarbures et le manganèse. Longtemps reléguée au second plan, l'exploitation aurifère dispose d'un potentiel de croissance capable de dynamiser l'économie non pétrolière, de structurer les bassins d'emploi provinciaux et de favoriser l'émergence d'une industrie locale de transformation à plus forte valeur ajoutée.

Sur le plan macroéconomique, la production nationale officielle, récemment révisée à la hausse par le gouvernement à environ 800 kilogrammes de métal fin par an, génère sur les marchés internationaux une valeur brute estimée à près de 65 milliards de francs CFA. Les années d'informalité, de fraude transfrontalière et de laxisme administratif ont toutefois amputé une grande partie de cette manne, infligeant des pertes significatives au Trésor public, dont l'ampleur exacte reste difficile à établir compte tenu des circuits souterrains et des flux illicites. Ces manques à gagner ont durablement privé les caisses de l'État des redevances et des taxes indispensables à la construction des infrastructures collectives et à l'essor des territoires miniers.

Un monopole stratégique face au défi de la transition sectoriel

L'instauration de ce monopole temporaire au profit de la Société équatoriale des mines suscite de légitimes interrogations quant à sa répercussion immédiate sur l'écosystème économique local. En confiant les clés du secteur à un opérateur unique, l'État fait peser une pression sur les entrepreneurs privés légaux, réduits au chômage technique dans l'attente de valider un processus administratif lourd et onéreux. Si cette centralisation répond à un impératif d'assainissement et de traçabilité des flux, elle comporte le risque de paralyser temporairement la production globale et d'inciter, par effet pervers, les exploitants marginalisés à alimenter des filières de contrebande hors d'atteinte du fisc.

Face à ces arbitrages délicats, l'exécutif mise sur la rigueur de cette transition pour restaurer l'autorité de l'État et assainir durablement une industrie minière placée sous haute surveillance, tout en mesurant la capacité opérationnelle de la Société équatoriale des mines à assumer seule la charge de la relance nationale.

Lire aussi : Or du Gabon : un recensement national pour reprendre le contrôle de la filière

  • Accueil
  • Mines et énergies
  • Gabon : l’État octroie le monopole de l’exploitation de l’or à petite échelle à l’opérateur public SEM
HydrocarburesGabonorManagemSosthene Nguema NguemaNgounié
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

EpremiumCap LopezMines et énergiesGabon : Perenco confirme un démarrage de son projet de GNL à Cap Lopez début 2028Exportations, approvisionnement du marché local, réduction du torchage… le projet GNL de Cap Lopez doit valoriser une partie du gaz associé à la production pétrolière du Gabon.il y a 2 joursEpremiumSNH Cameorun bONMines et énergiesPétrole : le Cameroun vise une hausse de 7 % de sa production en 2026 après dix ans de déclinPour concrétiser cette ambition, le pays devra extraire près de 11,8 millions de barils au second semestre, soit 31 % de plus qu'au premier.il y a 3 joursNgemaMines et énergiesGabon : l’État retire 52 permis miniers pour « non-respect » de la réglementationAu terme d’un audit mené du 29 juin au 16 octobre, le ministère des Mines a ordonné le retrait de 41 permis de recherche et 11 permis d’exploitation.il y a 3 joursEpremiumstockageMines et énergiesTchad : l'arrêt de l’unique raffinerie et l'embargo du Niger font planer le risque d'une pénurie de carburantQuelques jours après l'arrêt programmé de la raffinerie de Djarmaya, qui couvre une part importante des besoins nationaux, le Niger a décidé de suspendre ses exportations de carburants. Le Tchad assure disposer de réserves suffisantes, mais les premières tensions à la pompe mettent à l'épreuve son dispositif d'approvisionnement.il y a 4 joursLNGMines et énergiesÉnergie : le Tchad négocie du GNL nigérian pour sa centrale de 40 MWAlors que la mise en service de sa centrale thermique accuse du retard, N’Djamena explore une solution d’approvisionnement avec un groupe nigérian dont dépend en grande partie la sécurisation du combustible.il y a 5 jours

Articles similaires

NgemaMines et énergiesGabon : l’État retire 52 permis miniers pour « non-respect » de la réglementationAu terme d’un audit mené du 29 juin au 16 octobre, le ministère des Mines a ordonné le retrait de 41 permis de recherche et 11 permis d’exploitation.il y a 3 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Affaire Garoubé : la justice française maintient une saisie de 11,7 milliards FCFA contre l’État du Camerounil y a 3 jours2Cameroun : le projet de brasserie Krieger Brewery franchit l’étape des audiences publiquesil y a 2 jours3Tchad : le groupe ivoirien AFG en passe de prendre le contrôle de la Banque de l’Habitatil y a 4 jours4Cameroun : l’offre aérienne s’étoffe avec 21 compagnies, portée par les liaisons africainesil y a 6 jours5Cameroun : le français Camusat lève 12 milliards FCFA auprès de deux banques locales pour ses infrastructures de télécomsil y a 4 jours6Fitch abaisse la note souveraine du Cameroun à « B- »il y a 5 jours7CEMAC : les capitaux étrangers reculent dans les banques, les nationaux contrôlent désormais 23 établissements sur 54il y a 3 jours8Abidjan, Lomé, Libreville… : Idrissa Nassa remanie les états-majors de Coris Bank en Afriqueil y a 1 jour9Congo : l’État accorde dix ans d’avantages fiscaux et douaniers aux activités de Franprix à Brazzavilleil y a 1 jour10Guinée équatoriale : Tradex menacé de perdre ses réservoirs de stockage de carburantil y a 3 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.