Trois ans après son inauguration, le gouvernement gabonais veut s'appuyer sur sa première et unique raffinerie d’or, la Raffinerie Gabonaise de l'Or (RGO), pour acter la fin de l’exportation du métal jaune non raffiné. La mesure a été annoncée le 7 septembre 2026 par le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, lors de sa première visite de cette infrastructure d’une capacité de 7 à 10 tonnes par an. Celle-ci est implantée au sein de la Zone d'investissement spéciale (ZIS) de Nkok, un vaste pôle industriel développé par le groupe indien Arise, situé à une trentaine de kilomètres à l'est de la capitale, Libreville.
« À partir de maintenant, on ne pourra plus sortir l’or sans passer par la raffinerie de Nkok », a déclaré le ministre, précisant que le simple lingotage ne saurait désormais se substituer à un véritable processus de purification et de certification. Jusqu’ici le traitement de l’or était pas obligatoire pour les opérateurs.
En attendant l’application effective de cette mesure par décret, les autorités mettent en place un système de contrôle accru dont la traçabilité est le pilier. Concrètement, chaque lingot produit par la RGO — fruit d'un partenariat entre l'opérateur publique, la Société Équatoriale des Mines (SEM) et l'entreprise britanno-émiratie Alpha Centauri Mining (ACM) — sera doté d'un QR code. Ce dispositif numérique permettra d'identifier la société productrice, le permis d'exploitation et le parcours de l'or jusqu'aux marchés internationaux ou lors des contrôles douaniers à l'aéroport.
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Parallèlement, le gouvernement entend éradiquer les circuits informels en interdisant l'achat d'or entre particuliers au profit de comptoirs officiels dûment agréés. Cette réorganisation globale vise également un objectif de souveraineté financière : selon Sosthène Nguema Nguema, l'or gabonais, une fois certifié selon les standards internationaux, servira à reconstituer un stock stratégique auprès de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), une pratique abandonnée par le pays depuis plusieurs années.
Ce durcissement réglementaire fait suite à la suspension de l'exploitation aurifère à petite échelle prononcée fin juin 2026. Il convient de rappeler que l’or demeure l'un des principaux produits d’exportation du Gabon, après les hydrocarbures et le manganèse. En 2024, la production de 1 462,6 kg a généré 68 milliards de FCFA de recettes, soit un bond spectaculaire de 183 %. Cependant, le premier trimestre 2026 a marqué un coup d’arrêt brutal avec une chute de 75 % des exportations d'or brut face à l'instabilité du marché international. Pour inverser cette tendance, la loi de finances rectificative de juin 2026 a doublé les prévisions de production annuelle, passant de 400 à 800 kilogrammes.
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