Le gouvernement gabonais a révisé le permis de recherche minière du projet Maboumine, détenu par la société minière et métallurgique d’Abu Dhabi New Energy Metal, via sa filiale Dusk Gabon Sarlu, près d’un an après sa délivrance, le 28 avril 2025. Selon un arrêté consulté par EcoMatin et signé le 24 mars par le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, le document introduit deux modifications majeures : l’intégration de l’or dans le périmètre d’exploration, initialement limité au niobium, au tantale, à l’uranium, aux phosphates, aux terres rares, au titane et aux substances connexes ; ainsi qu’un mécanisme de sanction lié au programme d’investissement de 35,02 milliards de FCFA prévu pour le projet.
« En cas de non-respect des engagements de dépense prévus ci-dessus, la société Dusk Gabon Sarlu s’expose à une pénalité de 10 % du montant des investissements non réalisés », précise l’arrêté.
Situé dans le département de l’Ogooué-et-Lacs, dans la province du Moyen-Ogooué, au centre-ouest du Gabon, le projet Maboumine est développé depuis 2024 par Dusk, filiale de New Energy Metal, après la reprise du gisement par l’État gabonais en 2022, à la suite du retrait du groupe français Eramet. Le site cible notamment des minerais stratégiques utilisés dans les aimants permanents, les semi-conducteurs, les équipements de défense, les batteries et les technologies liées à la transition énergétique, dans un contexte de compétition accrue entre les États-Unis et la Chine pour l’accès aux minéraux critiques.
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La Chine demeure le principal producteur mondial et domine également les capacités de raffinage de ces minerais, tandis que l’or, valeur refuge par excellence, évolue à des niveaux élevés sur les marchés internationaux.
L’arrêté figure parmi une vingtaine de textes miniers publiés depuis le début de l’année par Libreville, dans le cadre de la relance du secteur extractif. Les autorités gabonaises cherchent à accélérer le développement de projets miniers afin de diversifier les recettes publiques, alors que la production pétrolière stagne sous le seuil de 215 000 barils par jour depuis 2024, sous l’effet combiné du vieillissement des champs matures et du ralentissement des nouveaux investissements offshore.
Libreville ambitionne de porter la contribution du secteur minier à 25 % du produit intérieur brut, contre environ 5 % actuellement.
Le projet Maboumine est considéré comme l’un des principaux actifs gabonais dans les minerais critiques. Selon des données officielles publiées en 2023, la future mine pourrait produire annuellement 14 500 tonnes de niobium et 18 000 tonnes de terres rares. En février, New Energy Metal a signé un protocole d’accord avec la compagnie publique indonésienne Perminas afin d’étudier un partenariat stratégique et un éventuel financement du projet, dans un contexte où le Gabon cherche à se repositionner dans la chaîne mondiale des métaux critiques, aujourd’hui largement dominée par la Chine.
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