La Guinée équatoriale envisage de relever les taxes sur l'alcool et le tabac dans le cadre d'une stratégie de protection de la santé publique. Cette orientation a été examinée lors d'une réunion de coordination présidée le 13 juillet par le Premier ministre Manuel Osa Nsue Nsua. « Le gouvernement considère la consommation excessive de ces produits comme un facteur de risque important de maladies cardiovasculaires et respiratoires, ainsi que de divers types de cancer, sans compter les répercussions sociales et économiques qu'elle engendre. Cette mesure vise donc à décourager la consommation et à renforcer les politiques nationales de prévention en matière de santé publique », explique le gouvernement.
Lire aussi : Guinée Équatoriale : la masse salariale a absorbé 87% des recettes fiscales en 2025
Malabo n'a pas encore précisé l'ampleur de cette nouvelle hausse de la fiscalité. Le projet s'inscrit toutefois dans la continuité des réformes fiscales et parafiscales adoptées en décembre 2025. Celles-ci avaient notamment fixé la taxe de production de la bière à 2 millions de FCFA, contre 1,5 million de FCFA pour le traitement, la manipulation et la transformation du tabac. Les débits de boissons restent par ailleurs soumis à une redevance annuelle de 90 000 FCFA, tandis que les bars acquittent, selon leur catégorie, un montant compris entre 9 000 et 36 000 FCFA.
Lire aussi : Boissons : après une hausse de 6% de ses ventes, Castel veut « conforter son leadership » africain en 2026
Cette initiative intervient alors que la production de bière poursuit sa progression. Au premier trimestre 2026, les brasseries du pays ont produit 120 767 hectolitres, contre 110 800 hectolitres un an plus tôt, pour des ventes de 6,7 milliards de FCFA (+6,3 %), selon l'Institut national de la statistique (Inege). Dans le même temps, les importations de bière ont reculé, passant de 31 849,2 tonnes à 24 906,5 tonnes sur un an. D'après une étude publiée en septembre 2025 par Atlasocio, la Guinée équatoriale occupait le 12ᵉ rang des pays africains les plus consommateurs d'alcool, avec une moyenne de 6,56 litres d'alcool pur par habitant âgé de plus de 15 ans en 2020.
Au-delà de l'objectif de santé publique, cette réforme pourrait également permettre à Malabo de diversifier ses recettes fiscales, alors que les revenus pétroliers, principale source de financement de l'État, continuent de s'éroder. À fin mars 2026, les recettes tirées des hydrocarbures ont chuté de 53,5 % sur un an, à 164,9 milliards de FCFA. Une hausse de la fiscalité sur les boissons alcoolisées pourrait toutefois se répercuter sur les prix de vente, notamment ceux de la Sociedad Ecuatoguineana de Bebidas (Soeguibe), filiale locale du groupe Castel. Leader du marché, l'entreprise contrôle environ 80 % du secteur brassicole national et a produit 70 millions de bouteilles en 2024, un niveau record depuis sa création en 2004.
Lire aussi : Guinée Équatoriale : en 7 ans, Castel a fait baisser de 50% les importations de boissons (gouvernement)

