Entre croissance solide et expansion stratégique, le mastodonte français des boissons Castel affiche une santé robuste en Afrique. Dans une allocution de début d’année 2026, son directeur général Grégory Clerc a dressé un bilan jugé « très positif » de l’exercice 2025, porté par l’élargissement de l’empreinte du groupe sur le continent, l’enrichissement du portefeuille de marques distribuées et le renforcement de sa présence digitale.
À l’échelle africaine, cette dynamique s’est traduite par une hausse des ventes de +6,5 % de Castel Afrique, soutenue par un dispositif industriel de 82 usines réparties dans 22 pays. Après un exercice 2024 déjà solide, cette performance confirme le franchissement du cap des 5 milliards d’euros de revenus pour les activités africaines du groupe.
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Cette progression a été renforcée par plusieurs mouvements stratégiques, notamment l’intégration de Guinness Ghana, qui consolide l’ancrage de l’empire brassicole en Afrique. À cela s’ajoute la mise en service de la distillerie congolaise opérée par Somdia, ainsi que le lancement de plus de 50 nouvelles références sur plusieurs marchés, dont les bières Sapitwa au Malawi et Bideew au Sénégal.
Au-delà des chiffres, Castel met en avant l’impact local de son modèle et l’accélération de sa stratégie d’intégration verticale. Avec environ 40 000 collaborateurs, dont 98 % de nationaux, le groupe dit avoir intensifié ses partenariats agricoles pour accroître le recours aux matières premières locales, tout en soutenant 1 200 projets d’investissement. Une approche destinée à sécuriser les approvisionnements, tout en renforçant son positionnement comme acteur économique structurant dans ses pays d’implantation historique (40 ans au Mali, 60 ans au Gabon, 70 ans en Côte d’Ivoire, près de 100 ans en RDC, entre autres). « Ces dates témoignent de la solidité, de la longévité et de la continuité du groupe Castel », affirme Grégory Clerc, qui revendique une place parmi les 10 plus grands brasseurs mondiaux.
Perspectives 2026 : innovation et cap industriel
Pour 2026, la direction entend conserver la même trajectoire, en poursuivant un programme d’investissement de 800 millions d’euros, conformément au plan quinquennal 2023-2027. Objectif affiché : enrichir l’offre, consolider le leadership du groupe et accélérer sur les segments à forte valeur. « Nous renforcerons nos gammes existantes, développerons des recettes adaptées aux goûts locaux et investirons dans des segments à forte valeur, notamment via des partenariats avec des acteurs internationaux », indique le dirigeant.
Castel projette également de renforcer le pilotage digital de ses opérations et d’améliorer sa performance environnementale. Entre 2023 et 2025, la consommation d’eau du groupe aurait reculé de 10 %, tandis que l’empreinte carbone de Castel Afrique a progressé de près de 13 % pour atteindre 1 981 575 tonnes de CO₂, illustrant un défi persistant sur le volet climat.
Une bataille d’actionnaires toujours ouverte
Cette dynamique industrielle contraste toutefois avec une crise de gouvernance qui continue de secouer l’actionnariat. Le 2 février, un communiqué attribué à la famille Castel a annoncé la révocation de Grégory Clerc de son mandat d’administrateur d’Investment Beverage Business Fund (IBBM), holding stratégique du groupe basée à Singapour. Mais la holding a contesté cette version, affirmant qu’« aucune des résolutions proposées n’a été valablement adoptée », et qu’il n’y a eu « aucun changement au sein du conseil d’administration ». De son côté, Grégory Clerc assure qu’il conserve son mandat et dit rester « plus que jamais aux manettes ».
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