La pénurie de carburant s’aggrave en Guinée équatoriale, et Tradex n’échappe à aucune des mesures coercitives du gouvernement, qui tente de redresser le secteur aval pétrolier. Moins d’une semaine après une amende de 500 millions de F CFA pour des retards d’approvisionnement de son réseau, Malabo annonce, le 20 octobre, la récupération des réservoirs de stockage loués à Tradex Guinée équatoriale, filiale du groupe camerounais Tradex, lui-même rattaché à la Société nationale des hydrocarbures du Cameroun (SNH). « Le plan directeur que j’ai confié aux responsables du secteur inclut la récupération des réservoirs de stockage loués à Tradex, la construction d’un parc de réservoirs de grande capacité et, à long terme, la construction d’une raffinerie nationale », a déclaré le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue après une nouvelle réunion de crise.
Selon lui, ces mesures visent à « mettre en place une architecture solide pour une meilleure gestion de la société nationale Gepetrol Servicios, afin d’éviter de nouvelles crises de carburant dans le pays ». Le dirigeant juge « incompréhensible » que les trois opérateurs du marché connaissent des pénuries simultanées, un phénomène survenu trois fois cette année. Il indique aussi vouloir faire de Gepetrol Servicios le distributeur officiel de carburant du pays, capable d’approvisionner les autres entreprises du secteur et de continuer à livrer ses partenaires de la sous-région. Le nombre, la capacité cumulée et la localisation des réservoirs concernés n’ont pas été précisés.
La décision intervient alors que Tradex s’était engagé, le 13 octobre, à importer 10 000 tonnes de produits pétroliers en novembre et décembre, à raison de deux livraisons mensuelles de 5 000 tonnes. Contactée, la société n’avait pas réagi au moment de la rédaction. Sur ce marché à trois opérateurs, TotalEnergies exploite environ 30 stations-service, Tradex 12 et Gepetrol Servicios 32 points de distribution.
Ce n’est pas la première fois que Tradex fait l’objet d’une mesure restrictive. Présente dans le pays depuis novembre 2015, elle avait déjà vu ses activités suspendues du 23 octobre au 9 novembre 2025, après une inspection menée le 22 octobre par le ministère des Hydrocarbures et du Développement minier. La mesure avait été levée à la suite d’échanges avec les autorités, et Tradex avait repris ses opérations sur l’ensemble du territoire.
Le plan du gouvernement comporte aussi, à moyen terme, un projet d’exportation de petites quantités de brut équato-guinéen vers un pays voisin disposant de capacités de raffinage, non encore identifié. « Cela nous permettra de minimiser les dépenses et d’augmenter les revenus », a déclaré le vice-président, le gouvernement ne devant payer que les travaux de raffinage. Dans l’immédiat, le ministère des Mines et Gepetrol Servicios doivent étudier la consommation mensuelle et annuelle de l’entreprise sur les cinq dernières années, afin d’éviter les « erreurs de calcul » dans les décisions à venir.
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