La compagnie aérienne Turkish Airlines envisage de reprendre ses vols vers la Guinée Equatoriale. Son Président Directeur Général, Ahmet Olmuşur, a conclu un accord préliminaire avec le ministre d’État aux Transports, aux Télécommunications et à l’Aviation civile, Honorato Evita Oma. « La société s’est engagée à envoyer une délégation de haut niveau en Guinée équatoriale dans les prochains jours afin de poursuivre les discussions et d’examiner les aspects techniques, opérationnels et commerciaux nécessaires à un accord définitif, en vue de relancer cette liaison aérienne », indique un communiqué du gouvernement ce 15 octobre.
Turkish Airlines a pourtant déjà opéré en Guinée équatoriale. Elle y a lancé ses vols réguliers vers Malabo en février 2020, en pleine pandémie de Covid-19. La date précise de l’arrêt de cette desserte n’est pas connue, mais tout porte à croire que la compagnie turque n’a pas été épargnée par les répercussions de la crise sanitaire, imposant ainsi l'interruption de ses activités. Malabo se contente de souligner que « la reprise de ces services élargirait les alternatives de connexion internationale pour les citoyens, les entreprises et les visiteurs, et contribuerait au développement du tourisme, de l’investissement, du commerce et de la mobilité des passagers ».
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Ce retour de Turkish Airlines, présentée comme « l’une des compagnies ayant la plus forte présence internationale », rejoint surtout les objectifs du plan gouvernemental visant à rentabiliser au maximum des infrastructures modernes, mais encore sous-exploitées. Il profiterait aussi à la compagnie turque, dont plusieurs liaisons vers la zone CEMAC se sont fragilisées depuis avril 2026. Le transporteur avait alors annoncé la suspension de 18 liaisons internationales pour l’été, dont une dizaine en Afrique, parmi lesquelles Libreville (Gabon) et Pointe-Noire (Congo). La compagnie n’a pas communiqué sur les raisons officielles de cette décision. On sait toutefois que les dessertes concernées reposaient en grande partie sur des itinéraires dits « triangulaires », à l’image de la ligne Istanbul – Libreville – Pointe-Noire – Istanbul, qui permettent de mutualiser les coûts sur des marchés à faible densité.
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Derrière ces coupes, un facteur dominant : la flambée du kérosène. Depuis les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran le 28 février, suivies de la paralysie partielle du détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du carburant d’aviation mondial, les prix se sont envolés. En quelques semaines, la tonne de kérosène est passée d’environ 831 dollars à plus de 1 800 dollars début avril, soit une hausse de 117 %. Les transporteurs aériens la qualifient d’« absolument colossale », d’autant que ses premières répercussions se font déjà sentir sur la demande. L’équation s’est ainsi réduite à un choix : concentrer les capacités sur les liaisons les plus rentables, au détriment des dessertes secondaires, même stratégiques à long terme.
La réactivation de la ligne vers la Guinée équatoriale viendrait donc redessiner le périmètre d’activités de Turkish Airlines en zone CEMAC, après la perte de deux points d’entrée stratégiques quelques mois plus tôt. Pour rappel, le chiffre d’affaires de la compagnie a atteint 24 milliards de dollars en 2025, pour un bénéfice de 2,2 milliards. Fin septembre 2026, sa flotte consolidée, qui inclut les opérations d’AJet, comptait 567 appareils. Son réseau relie 358 destinations dans 133 pays via Istanbul, sur les marchés d’Europe, d’Asie, d’Afrique, d’Amérique et d’Océanie.











