Dans le cadre de sa toute première notation souveraine en monnaie locale, la Guinée Équatoriale a obtenu les notes « BBB » sur ses emprunts à long terme et « A2 » pour le court terme auprès de l'agence Bloomfield Investment Corporation, signalant un risque modéré pour les investisseurs. Cette notation, dévoilée le vendredi 11 avril, intervient à un moment crucial pour le pays, qui cherche à attirer les investissements étrangers, notamment dans son secteur extractif.
Selon le rapport de Bloomfield, l'économie de ce pays, en récession depuis 2014, a été particulièrement affectée en 2023 par la contre-performance du secteur pétrolier, pilier de son économie. « Globalement, l’économie équato-guinéenne a été soutenue principalement par le secteur tertiaire (activités extractives, raffinerie de produits pétroliers, etc.), avec une contribution moyenne de 0,8 % à la croissance », précise le rapport. Cette forte dépendance aux hydrocarbures expose le pays aux fluctuations des prix du pétrole sur le marché international et aux baisses de production dues au vieillissement des champs.
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Parallèlement, des défis sociaux persistent, notamment une hausse de la criminalité et des problèmes de gouvernance. « Au niveau sécuritaire, le pays reste stable, quand bien même les actes de criminalité ont enregistré une hausse. Sur le plan politique, la dégradation de l’indice “Élections et démocratie” de la Fondation Mo Ibrahim, passant de 17,5 % en 2019 à 8,3 % en 2023, indique une faiblesse dans le processus électoral », révèle le rapport. Ces éléments pourraient dissuader les investisseurs et entraver le développement économique du pays.
Cependant, la Guinée Équatoriale a pu maintenir une notation modérée grâce à des facteurs positifs. La gestion prudente des finances publiques, illustrée par l'opérationnalisation de la Commission nationale de prévention et de lutte contre la corruption et l'amélioration de la gouvernance des régies financières, a rassuré les investisseurs. En 2023, les ressources budgétaires du pays ont atteint 1 635 milliards de FCFA, en hausse de 32 % par rapport à 2019, principalement grâce aux revenus pétroliers (82 %). Les dépenses ont augmenté de 30 %, principalement orientées vers les infrastructures publiques (28 %) et les frais de fonctionnement (30 %). Le solde budgétaire est resté excédentaire, avec une moyenne de 3,37 % du PIB (hors 2020), permettant ainsi au pays de respecter les critères de convergence de la CEMAC.
Bien que le ratio dette/PIB demeure en dessous du seuil communautaire de 70 %, il est important de noter que la dette inclut des arriérés significatifs envers les secteurs du BTP et bancaire, ainsi qu'envers la BEAC, qui n'ont pas encore été apurés. Ces arriérés pourraient potentiellement peser sur la stabilité financière du pays à long terme.
Par ailleurs, « le Comité note que, en 2019, la tenue de la troisième Conférence Économique Nationale (CEN III) a conduit à l’élaboration de la Stratégie Nationale de Développement Socioéconomique (ENDS) 2035 », témoignant de la volonté du gouvernement de diversifier l'économie.
Cette notation intervient dans un contexte de quête permanente d’investissements étrangers, avec en ligne de mire une campagne de promotion du secteur extractif du pays. Après l’échec de celle de 2019, les autorités ont ouvert une nouvelle campagne visant à octroyer des licences d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures depuis début 2025, afin de revaloriser les réserves nationales et stimuler la production.
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Il est à noter que la Guinée Équatoriale est le deuxième pays de la CEMAC à être noté par Bloomfield, après la République centrafricaine (RCA). Récemment, le Cameroun a également annoncé être en pourparlers pour une notation.

