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Heineken, Grands Moulins, Canal+… : le Congo accorde jusqu'à 100 % de remise sur les pénalités fiscales à 23 entreprises

Le ministre congolais des Finances, Christian Yoka, a accordé des allègements fiscaux allant jusqu’à 100 % à 23 grandes entreprises privées. Cette mesure récompense leur intégration au nouveau Système de facturation électronique certifié destiné à moderniser le climat des affaires.

Publiée vendredi 10 juillet 2026 à 14:53:52Modifiée vendredi 10 juillet 2026 à 14:53:53Temps de lecture 5 minPar Marius Zogo

Les Brasseries du Congo (Brasco)

Dans un arrêté signé le 9 juillet 2026, le ministre des Finances et du Budget du Congo, Christian Yoka, accorde des mesures d'accompagnement fiscal à 23 entreprises privées. Cette remise concerne les sociétés « ayant participé à la phase pilote du système de facturation électronique certifié » (SFEC), ainsi que celles ayant procédé à la mise en conformité de leur dispositif de facturation avec ce nouveau référentiel avant l'échéance du 1er août 2026.

Exonérations

Dans le détail, la mesure profite d'abord aux entreprises de la phase pilote (depuis mars 2026) émettant effectivement des factures certifiées. Celles-ci bénéficient, d'une part, d'une remise de 60 % sur les pénalités, amendes et intérêts de retard mis à leur charge pour les exercices 2025 et 2026 (constatés par avis de mise en recouvrement avant le 1er août 2026) et, d'autre part, d'une annulation totale de ces mêmes sanctions en cas de contrôle fiscal ou de régularisation spontanée fondés sur l'utilisation des données du SFEC pour l'exercice en cours. Cette exonération de 100 % s'applique également aux pénalités, amendes et intérêts de retard liés à un contrôle ou à une régularisation portant sur l'exercice 2026 pour les entreprises ayant mis leur système de facturation en conformité avec le dispositif avant l'échéance du 1er août 2026.

Les fleurons de l'industrie

Les entreprises bénéficiaires couvrent neuf secteurs d'activité parmi les plus dynamiques de l'économie congolaise. L'agroalimentaire est notamment représenté par Les Brasseries du Congo (Brasco), filiale des groupes néerlandais Heineken et français CFAO. Brasco se présente comme le premier contributeur fiscal de l'État, hors secteur pétrolier. L'entreprise emploie près de 900 personnes, tandis qu'environ 70 000 personnes vivent de la vente et de la distribution de ses produits. Les Grands Moulins de Pointe-Noire (GM PNR) figurent également parmi les principaux bénéficiaires.

Lire aussi : Le groupe Castel veut vendre ses filiales meunières en Afrique

Filiale de l'américain Seaboard Corporation, cette société est le leader du marché de la minoterie au Congo avec une capacité d'écrasement de 700 tonnes de blé par jour, soit environ 300 000 tonnes par an. Situé sur le site principal du Port de Pointe-Noire, ce complexe agro-industriel, qui regroupe une minoterie, une maïserie et une unité de production d'aliments pour animaux, facilite l'importation des matières premières et optimise la distribution des produits finis. La liste s'allonge dans ce secteur avec la Société Agricole et de Raffinage Industriel du Sucre (Saris-Congo) et la Société Industrielle et Agricole du Tabac Tropical (Siatt).

Lire aussi : Minoterie : Célestin Tawamba boucle le rachat des filiales camerounaise et congolaise de Castel

Le commerce et la grande distribution sont représentés par Score Congo, Siat Distribution et Société Olympia SARL, tandis que la restauration et les services hôteliers comptent Pellegrini Catering Congo. Le secteur des médias, des technologies et des télécommunications regroupe Canal+ Congo et Silicone Connect. L'immobilier et le BTP rassemblent Immo Congo SA, Renco Gestion Immobilière, Ferplan et Johny. Le secteur des ressources, de l'énergie et de l'industrie lourde comprend Société Bois et Lacage de Lopola, Dixstone Operations Congo, Société Sara et Sudelec. Enfin, les transports, la logistique et les services divers sont représentés par Transportation & Logistic Consulting, Akieni et les Établissements Fimuigi Services.

Lire aussi : Minoterie : après avoir échoué à reprendre les filiales de Castel en Afrique, l’américain Seaboard veut prendre son indépendance au Congo

Pour rappel, institué par la loi de finances 2022, le système de facturation électronique certifié n'est devenu opérationnel qu'à la faveur d'un décret du 31 mars 2026, soit quatre ans plus tard. Celui-ci prévoit une période transitoire de trois mois permettant aux agents économiques de mettre leurs systèmes en conformité. À en croire le ministère des Finances, « le SFEC concilie le besoin d'amélioration des rendements de la fiscalité, la recherche de la transparence des flux de transactions commerciales, la conformité volontaire et l'accompagnement des agents économiques dans une stratégie de partenariat administratif visant l'amélioration du climat des affaires », dans un pays où 77 % des chefs d'entreprise déclarent subir des coupures d'électricité et où les banques ne financent que 2,2 % des projets d'investissement des entreprises, contre une moyenne continentale de 12 %.

Lire aussi : Dépenses publiques : au Tchad, le cash devient illégal dans les paiements de l’État

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